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Quelles répercussions de la crise sanitaire sur nos enfants ?

Cette semaine, j’ai été invitée à un atelier organisé pour les professionnels de la petite enfance sur le sujet. L’occasion d’accueillir et de partager nos observations et nos questionnements sur notre vécu au sein des crèches, des écoles, des lieux d’accueil périscolaire, des ateliers parents/enfants, des ludothèques….

Pendant 2 ans, nous nous sommes adaptés, du mieux que nous pouvions avec la visibilité et les moyens que nous avions.

Nous avons fait face mais nous avons tous été profondément bousculés.

Et les enfants aussi.

Exemples d’observations :

  • des bébés qui ne sourient pas aux adultes masqués,
  • les petits enfants qui réclamaient des bisous au début de la crise n’en réclament plus,
  • des enfants qui ne peuvent pas observer le visage en entier de l’adulte pour décoder ses émotions, ses paroles avec parfois une confusion sur l’identité de la personne qui parle,
  • des enfants qui se suradaptent aux règles changeantes et à l’incertitude de leur figure d’attachement,
  • des enfants qui doivent accepter des intrusions physiques régulières avec les tests à répétition,
  • des enfants et adolescents dont le masque est devenu une seconde peau,
  • des jeunes dont le temps d’écrans a été décuplé pendant cette période,
  • des enfants qui comprennent qu’ils sont un danger pour leurs grands-parents, ils doivent donc protéger les adultes, les rôles sont inversés,
  • des comportements d’agressivité qui émergent aujourd’hui et n’avaient jamais été observés auparavant…

Quels seront les effets à long terme de cette période de suradaptation ? Quels impacts cela a-t-il sur le développement du langage ? sur le développement des compétences relationnelles ? sur la sécurité intérieure de l’enfant…

Tant de questions qui nous habitent et nous inquiètent et dont nous n’avons pas encore totalement la portée.

 

Nous, les adultes, avons, en nous, des ressources d’adaptation c’est certain.

Mais cette adaptation a mobilisé notre énergie physique et psychique, parfois jusqu’à épuisement.

 

Or les enfants ont besoin de se sentir en sécurité. Cela fait partie, comme nous, de manière amplifiée, d’un de leurs besoins vitaux. Lorsqu’ils perçoivent un danger, ils se tournent vers les adultes qui prennent soin d’eux pour recevoir de l’empathie et un réconfort qui les apaisera.

Mais un adulte qui se sent vulnérable, impuissant, stressé et fatigué est moins disponible pour l’enfant dont il prend soin car il se sent lui-même en insécurité.

L’adulte a donc besoin de prendre soin de lui-même, de faire preuve d’auto-empathie, pour être en mesure d’apporter toute l’empathie dont l’enfant a besoin.

On peut prendre soin de soi en accueillant ce que l’on ressent face à ces observations, en nous connectant à ce qui fait sens pour nous, en choisissant ce qui compte vraiment, ce qui nous anime et ce sur quoi on peut agir (nos choix, nos paroles, nos actes) tout en laissant ce sur quoi nous n’avons aucune prise et qui ne peut donc, à terme, que nous épuiser.

Adaptons-nous là où en sont les enfants aujourd’hui, en ayant confiance en nos ressources, en prenant soin de nous pour être en capacité d’offrir l’empathie nécessaire aux enfants que nous accompagnons.

Caroline Dupré

Les besoins fondamentaux des enfants

Vendredi dernier, j’ai rdv avec V. entraineuse de footballeuses de 12 ans.
Nous nous sommes rencontrées au collège de nos fils et on a convenu que je ferai des séances de préparation mentale avec elle et son équipe de footballeuses. Je suis allée voir un entrainement et maintenant on essaie de mettre en place un programme.

Le confinement nous coupe l’herbe (du stade-) sous les pieds.
Je lui propose qu’on prépare tout de même des séances ensemble, en lui disant qu’on peut trouver des solutions :

  • je la coache et c’est elle qui coachera les joueuses ensuite
  • on fait des séances à distance avec les jeunes par zoom.

Elle est étonnée par mes propositions créatives et accepte qu’on en discute.
On parle deux heures et on balaie les sujets sur lesquels on pourrait avancer : confiance en soi, estime de soi, le capitanat, les objectifs. J’ai même préparé des maquettes de diaporama sur les thèmes (j’ai déjà des outils pédagogiques puisque je coache des joueurs de tennis et golf).
Tout est nouveau pour elle. Rien n’est défini dans le club en tant qu’objectif. Elle n’a que des interdits (ne pas faire courir les joueuses ou leur proposer des séances de gainage par exemple !!!) et elle n’a jamais réfléchi sur ces sujets en dehors de sa culture personnelle.

Elle est très intéressée par mes propositions, pour sa gouverne et pour ses enfants (elle en a 4 de 15 à 7 ans, des enfants atypiques et précoces pour lesquels le système classique d’enseignement est de très difficile à difficile, selon les années). Elle me dit qu’elle a tenté des pédagogies alternatives, qu’elle s’est tournée vers Montessori, mais que c’est hors d’atteinte : très cher et élitiste en France.
Que faire ?
Voici donc l’exemple d’une mère de famille nombreuse, dynamique puisqu’elle s’implique dans la vie sociale de son quartier (entraineuse de foot bénévole) en plus de son travail, qui ne trouve pas de solution satisfaisante pour l’éducation de ses enfants, le système de l’Education National étant une roulette russe qui d’une année sur l’autre permettra à un voire deux de ses enfants d’être considérés. C’est une jeune sportive de quarante ans à peine qui est triste de voir que dans le sport aussi on ne considère pas le potentiel de l’enfant, on ne parle pas d’objectifs à atteindre en fin d’année, on ne leur demande pas ce que veut dire « avoir confiance en soi », « estime de soi » ou « quelles sont les différences entre attention et concentration ».
Nous avons du pain sur la planche pour une Education basée sur les besoins fondamentaux des enfants qui sont encore bien trop occultés par des programmes stériles éloignés de la sphère vitale de l’enfant.

Une formation unique pour prendre soin des bébés en structure d’accueil

Si vous voulez accompagner au plus près, le développement du bébé et répondre à ses besoins et pulsions humaines, nous vous proposons de suivre une formation, sur l’approche de Emmi Pikler. Cette formation e-learning est unique (aucune autre n’existe, même en langue anglaise !) alors OSEZ vous y inscrire.

Le bonheur est dans les prés

Nous avons déjà beaucoup expliqué pourquoi la nature est indispensable à l’enfant durant la croissance des enfants. Hélas la question est encore trop peu abordée, surtout parce que la majorité des enfants villes dans les villes : trois quarts des enfants vivent en milieu urbain en 2012 selon des données de l’INSEE.

Certaines écoles françaises sont fières d’annoncer qu’elles ont planté deux arbres dans la cour de récréation de leur école. Urbaines ou pas, elles proposent de plus en plus une cour de récréation stérile, bétonnée dans laquelle l’enfant n’est pas en contact avec la Nature.

Comment faire alors pour répondre aux besoins des enfants ? La réponse est simple : Prévoir et multiplier les contacts avec la Nature, la vraie.
– Désolés de vous annoncer que la plage de Palavas-les-flots en plein mois d’août ne compte pas. –

Pour cela il nous faut accepter de nous (familles et écoles) installer en grande périphérie des villes et d’organiser la vie de famille et professionnelle de telle sorte qu’il y ait un équilibre viable pour chaque élément de la cellule familiale.

La proximité de la forêt ou d’un bois au minimum est indispensable.
Si vous ne pouvez avoir de jardin, les balcons ou terrasses sont un pis aller et peuvent se décorer de grandes jardinières.

Attention, il ne s’agit pas de décoration le jardin ou de proposer des activités effectuées par les adultes comme je l’ai vu dans une école en Savoie où c’était un jardinier qui venait dans l’école pour travailler la terre !

Non, il s’agit des contacts quotidiens que l’enfant va entretenir lui-même, seul, de sa propre initiative avec la Nature.

Demain nous parlerons de la suite et pénétrerons dans la forêt et ses bienfaits.