Maria Montessori : Une très grande dame !

« L’enfant au travail » conférence de Maria Montessori du 11 décembre 1936 (merci à l’école « Vive l’Enfance » pour la transmission de ce document word de 56 Ko) cliquer ici pour le télécharger


La biographie de Maria

Qui était Maria Montessori ?

Maria Montessori est née en 1870 à Chiaravalle en Italie. Elle est la première femme à être admise à la faculté de médecine de l’université. Alors que ses parents la destinaient au professorat, elle devient la première femme médecin en Italie en 1896. Son premier travail consiste en visiter les asiles de fous de Rome. Elle y rencontre des enfants parqués dans des pièces nues sans objet à manipuler.

« Je fus, pendant des années, obsédée par ce qu’il fallait faire pour permettre à ces malheureux de se réintégrer dans la société, de conquérir leur place et leur indépendance dans un monde civilisé, retrouvant ainsi leur dignité d’être humain ».

Maria Montessori crée en 1899 une Ecole d’Etat d’horthophrénie pour les enfants romains. Elle travaille beaucoup et voyage à Londres et Paris pour y étudier les méthodes employées. Elle pense déjà à une méthode universelle d’éducation pour les enfants débiles mentaux mais aussi pour tous les enfants. En 1901 elle redevient étudiante en philosophie et psychologie. Elle étudie les travaux de Jean Itard et Edouard Seguin. Maria Montessori ouvre son premier établissement à San Lorenzo en 1907. Elle réalise de véritables miracles auprès des enfants déficients. Elle choisit alors de démissionner de l’université et de laisser sa clientèle pour se consacrer à la cause des enfants vivants et à venir. En quelques années des sociétés montessoriennes voient le jour dans toute l’Italie, puis en Europe puis en Amérique.

En 1917, Maria Montessori est invitée à la grande exposition universelle aux Etats-Unis. Maria Montessori voyage alors dans le monde entier pour donner des conférences et former des éducateurs. A londres se dérouleront des stages internationaux accueillant jusqu’à 40 nationalités différentes. Maria Montessori y formera personnellement 4 à 5000 éducateurs. En 1948, agée de 78 ans, Maria Montessori en voyage en Inde crée une école et son oeuvre est traduite en plusieurs dialectes. Elle rencontre Gandhi, Nehru et Tagore. Son long voyage s’arrêtera le 6 mai 1952 en Hollande, date de sa mort.


Les ouvrages de Maria Montessori traduits en français

  • - L’enfant
  • - La pédagogie scientifique – la maison des enfants
  • - La pédagogie scientifique – éducation élémentaire
  • - L’esprit absorbant
  • - De l’enfant à l’adolescent
  • - A la découverte de l’enfant
  • - L’Education et la paix
  • - La formation de l’homme

Voir également

  • - Montessori de D. Yaglis aux éditions Privat
  • - Le guide des Ecoles Nouvelles – Edition Possible
  • - « Une autre école pour votre enfant » de Laura Alcoba et Agnès Beaudemont-Dubus – édition Albin Michel

Voir aussi « The Montessori Method » premier écrit de Maria, sur l’internet dans sa version intégrale ! (un jour peut-être en français !)

Maria Montessori et le catholicisme

Catholique, Maria s’est souvent appliquée à l’enseignement religieux des tout-petits. Elle a écrit plusieurs livres sur ce sujet :

  • - The life in Christ
  • - The Mass explained to children
  • - The open book

A la veille de sa mort en 1952, Maria écrivait le discours inaugural qu’elle aurait prononcé à la Catholic Montessori Guild qui voyait le jour en Angleterre.

Vous pourrez trouver des informations concernant la cathéchèse selon les principes de Maria Montessori aux adresses internet suivantes : http://www.catechesisgoodshepherd.org/

La première « Maison des Enfants »

Merci à Hélène qui nous a communiqué ces photos de la 1ère « Maison des Enfants ».

Ces photos ont été prises en 1998 au 58 via Di Marsi dans le quartier de San Lorenzo de Rome. Comme vous pouvez le constater sur ces photos, cet endroit abrite toujours une maison des enfants Montessori. C’est à cette adresse que s’ouvrait le 6 janvier 1906 la première maison des Enfants. Maria Montessori écrit dans le chapître Les origines de notre méthode du livre L ’Enfant :

 » Le 6 janvier 1906, on inaugura une école pour petits enfants normaux de 3 à 6 ans, je ne puis dire avec ma méthode, car celle-ci n’existait pas encore, mais elle devait y naître peu de temps après. Il n’y avait là qu’une cinquantaine de petits enfants très pauvres et timides ; plusieurs d’entre eux pleuraient. Presque tous étaient enfants d’illettrées. Le projet initial était de réunir les enfants des locataires d’une maison populaire, pour les empêcher d’errer dans l’escalier, de dégrader les murs et de semer le désordre. C’est à cet effet que, dans la maison même, une salle fut ouverte pour eux. Je fus appelée à prendre soin de cette institution  » qui pouvait avoir un bel avenir  » … Je sentais confusément qu’une œuvre de grande envergure allait naître. Je croyais être comme une paysanne qui avait mis de côté la bonne semence, et à qui on était venu offrir une terre féconde où la semer librement. Mais il n’en fut pas ainsi : à peine avais-je remué les mottes de cette terre, que je trouvai de l’or à la place du grain. Les mottes cachaient un trésor précieux. Je n’étais pas la paysanne que je croyais être. En fait, mon action sur les enfants normaux m’apporta une série des surprises.

Portraits de Maria MONTESSORI

 

 

 

Les inspirateurs de Maria Montessori

Messieurs Itard et Seguin dont Maria Montessori s’est inspirée

Itard, Jean Marie Gaspard (1774-1838), médecin français, auteur de nombreuses études sur les maladies de l’oreille, la rééducation des sourds-muets et la question du retard mental ! ; il se rendit célèbre par son observation sur le cas de Victor, l’ »enfant sauvage » de l’Aveyron.

Jeunesse et formation médicale

Né à Oraison, près de Digne, Jean Marie Gaspard Itard fit ses études au collège de Riez puis chez les oratoriens à Marseille, jusqu’en 1789. Il devint en 1793, pendant le siège de Toulon, l’assistant de Vincent Arnoux, directeur de l’hôpital militaire et ami de sa famille. Ayant ainsi fait ses premières expériences sur le terrain, il suivit à partir de 1795 les cours de chirurgie de Larrey, d’abord à Toulon, puis à Paris, à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, où, après avoir réussi le concours de chirurgien de deuxième classe, il obtint en 1798 un poste d’assistant qui lui permit de poursuivre ses études de médecine.

Il n’avait pas encore achevé ses études en 1800, lorsqu’il se vit confier par l’abbé Sicard, directeur de l’Institution des sourds -muets de la rue Saint-Jacques, à Paris, la responsabilité de celui que l’on appelait le  » !sauvage de l’Aveyron », un enfant d’une dizaine d’années, abandonné sans doute depuis sa naissance, qui avait grandi sans aucun contact avec les hommes jusqu’à sa découverte par des paysans. Itard devait lui consacrer un an plus tard son ouvrage De l’éducation d’un homme sauvage. Reçu docteur en médecine le 19 juin 1803, il démissionna de l’armée et se consacra jusqu’en 1811 à son élève, baptisé Victor, tout en menant d’actives recherches sur le problème de la surdité.

Il publia en 1821 un Traité des maladies de l’oreille et de l’audition (1821), où il proposait une description de l’appareil auditif et une typologie des pathologies qui y avaient leur siège, tout en justifiant sa préférence pour la méthode de rééducation par l’oral (démutisation) par rapport au langage des signes (dactylologie). Sa réputation scientifique dans le domaine de l’otologie lui ouvrit les portes de l’Académie de médecine et celles de nombreuses sociétés savantes.

Un échec fécond

Refusant de voir dans le « sauvage de l’Aveyron » un  » !idiot congénital » , à l’instar de Pinel qui l’avait examiné avant lui, Itard entreprit de lui enseigner le langage et de le familiariser avec les usages de la vie sociale.

Influencé par les théories des philosophes des Lumières, notamment par les développements sur l’homme sauvage de Rousseau et de Diderot, par le sensualisme de Condillac et par les théories des idéologues, Itard s’opposa de manière radicale aux classifications des types humains sur lesquelles se fondaient la phrénologie et les autres disciplines parascientifiques, et formula l’hypothèse que la plupart des déficiences intellectuelles n’étaient pas innées, mais trouvaient leur origine dans l’absence de socialisation, et donc de parole. Il dut cependant reconnaître, au cours des années qu’il consacra à l’éducation de Victor, que ses efforts de pédagogue se heurtaient à des résistances qu’il ne parvenait pas à expliquer.

Aux origines de la psychiatrie infantile

Dans son mémoire Sur le mutisme produit par la lésion des fonctions intellectuelles (1828), lu à l’Académie de médecine l’année même de la mort de Victor, Itard démontra que l’audition comme la vision ne dépendaient pas exclusivement de conditions physiologiques ! ; il avait d’ailleurs déjà noté, un an auparavant, qu’il était « !des cas où l’ouïe la plus parfaite ! » ne pouvait « !entendre ! » la parole et, lorsqu’il revint sur le cas de son élève, il remarqua que celui-ci avait fait des progrès déterminants au contact de la personne qui s’occupait de lui de manière quotidienne. Ce faisceau d’indications dirigea Itard vers une explication de type psychologique, sans toutefois qu’il eût à sa disposition l’ensemble des concepts nécessaires à la formulation des problèmes qu’il avait rencontrés.

Dans la Forteresse vide (1967), Bruno Bettelheim crut distinguer, dans le cas de Victor, l’une des premières descriptions détaillées de l’autisme, mais beaucoup de psychiatres s’accordent pour y voir une occurrence de ce qui fut baptisé plus tard la psychose infantile sans langage. Les études d’Itard ignoraient cette notion comme toutes celles qui furent forgées par Freud et connurent des développements dans le cadre de la psychiatrie ! ; elles restent cependant exemplaires dans la mesure où elles tentèrent, par tous les moyens, de faire progresser l’éducation physique et morale des hommes.

Défenseur d’une « médecine philosophique » également au service de l’esprit et du corps, Itard a contribué au renouvellement des recherches sur les processus de formation et d’évolution de l’intelligence.

Le cinéaste François Truffaut s’est inspiré de son expérience avec Victor dans le film l’Enfant sauvage (1970), où il jouait lui -même le rôle d’Itard.

Seguin, Édouard (1812-1880), pédagogue et médecin américain d’origine française, qui développa une méthode d’enseignement destinée aux enfants présentant de graves troubles mentaux. Né à Clamecy, en France, Séguin fit ses études à Auxerre et à Paris. En 1837, il commença ses études de médecine et de chirurgie à l’hospice des Incurables, sous la direction de Jean Marie Gaspard Itard, rendu célèbre par ses travaux sur les sourds-muets.

Avec l’aide d’Itard, Séguin entreprit un certain nombre d’expériences qui le conduisirent à établir un programme d’éducation organisé à l’intention des enfants présentant un handicap mental. Ce programme associait une stimulation sensorielle à des travaux intellectuels et physiques ! ; le but ultime était d’arriver à obtenir une plus grande capacité de décision et une compétence accrue de la part de l’enfant. Séguin attirait l’attention sur le fait que les cerveaux des individus présentant un handicap mental n’étaient ni malades ni de structure anormale, mais qu’ils avaient subi un arrêt de leur développement avant, pendant ou après la naissance. Le travail de Séguin eut un tel succès que de nombreuses écoles furent créées aux États-Unis et en Europe où sa méthode fut mise en application. Maria Montessori s’en inspira pour élaborer sa propre méthode.

Émigré aux États-Unis (1848), Seguin fonda de nombreux établissements d’enseignement pour les enfants handicapés mentaux. Docteur en médecine de l’université de New York, il exerça dans un asile psychiatrique à Randall’s Island, Manhattan.

Non seulement Séguin révolutionna les méthodes d’enseignement pour les handicapés mentaux, mais il eut aussi une influence durable sur l’éducation dans son ensemble, en préconisant des programmes intégrés et une participation des élèves. Il est notamment l’auteur de Traitement moral, hygiène et éducation des idiots (1846), l’Idiotie : ses traitements par la méthode physiologique (1866).

Ces textes sont issus de l’encyclopédie Encarta 1999 de Microsoft.