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Eduquer le potentiel humain selon Maria Montessori
Voici 10 citations que j’ai extraites des écrits de Maria Montessori :
- Le secret pour réussir dans l’enseignement réside dans le fait de
considérer l’intelligence de l’enfant comme un champ fertile où jeter des
graines pour qu’elles germent sous le soleil de l’imagination. - Tout ce qui lui est offert doit être présenté sous un jour clair et beau,
de manière à frapper son imagination. Une fois que cet amour aura été
suscité, toute difficulté relative à l’éducation s’évanouira. - Quel que soit le cas de figure, notre expérience nous a démontré que
l’enfant s’intéresse moins aux choses qu’à la manière dont ces choses
ont été découvertes. - Chaque chose est le produit de l’esprit humain et en ce qui nous
concerne nous avons l’ambition d’incarner ces fruits dans l’éducation,
comme un trésor de richesses transmis par l’homme. - Regarder des choses avec les yeux de l’imagination permet de
pénétrer les mystères de la nature. - L’homme se « modèle » lui-même, poussé par une mystérieuse force
intérieure à atteindre une forme idéale donnée. - Nourrissons nos enfants, donnons-leur des espaces de jeu, des habits
et la liberté de parole. - Si l’enseignant prend du plaisir à voir les choses naître et grandir sous
ses yeux et s’il sait travailler avec humilité, des joies nombreuses
l’attendent qu’ignorent tous ceux qui face à une classe d’élèves
prétendent être infaillibles et prétendent exercer une autorité absolue. - Détruire est quelque chose de simple et de rapide, qu’il s’agisse
d’une structure simple ou complexe : c’est à la portée de n’importe qui.
En revanche, qu’il est difficile de construire ! - Le principe fondamental de l’éducation consiste à mettre toutes les
matières en relation entre-elles sachant que toutes trouvent leur centre
dans le plan cosmique.
Et vous quelles sont celles qui vous parlent ?
Maria Montessori et ses trois inspirateurs français
Vous n’êtes pas sans savoir que Maria Montessori était médecin italien. Elle fut, en 1896, parmi les premières femmes diplômées de Médecine en Italie.
En 1899-1900, elle se rendit en France, à l’hôpital de Bicêtre dans les services du Docteur Bourneville, qui semble avoir été le premier médecin à séparer les enfants des adultes dans les asiles français. Il créa ainsi un institut pour les garçons, un pour les filles et enfin le tout premier IMP (Institut Médico Pédagogique) français. Celui-ci était privé, il faut le souligner.
Elle travailla dans la clinique d’orthophrénie de Giuseppe Montessano, le père de Mario, le fils unique de Maria.
Puis elle donna des cours sur l’anthropologie aux étudiants de l’Université de Rome, dès 1901, (voir l’article du 10 décembre 2024).
Maria s’est donc, en définitive, beaucoup appuyée sur ces trois médecins successifs; je l’illustre et le documente dans mon dernier ouvrage intitulé « Les voyages en France de Maria Montessori ».
J’ai visité cette semaine l’exposition parisienne sur le travail du docteur Bourneville, présentée dans l’enceinte du Musée d’histoire de la Médecine à l’Université Descartes de Paris. Je partage quelques photos du matériel pédagogique proposé par le docteur Bourneville et son équipe.
Entre 1896 et 1907, Maria aura, année après année, étudié et travaillé auprès des enfants « idiots, arriérés, sourds, galeux, trisomiques » pour finalement promouvoir des lois d’Education universelle.
Maria Montessori recrée l’anthropologie pédagogique
Tout d’abord que signifie le nom commun anthropologie ?
Voyons l’étymologie : la racine grecque du mot est anthrôpos signifie homme, humain, et le suffixe logos signifie science. On pourrait dire que c’est l’étude de l’homme avec un grand H.
Comme vous allez le lire dans la traduction de l’introduction de son ouvrage « Pedagogical anthropology » Maria était une innovatrice sur le sujet, puisqu’elle souhaitait dépasser l’étude de l’anthropologie générale, voire d’une certaine forme existante d’anthropologie pédagogique.
Si on remet cet ouvrage dans le contexte de sa biographie professionnelle, Maria Montessori, diplômée en médecine continua ses études au-delà. Elle fut inspirée par le travail de trois médecins français, Jean Itard, lui-même ayant inspiré celui de Edouard Séguin, lui-même ayant inspiré Désiré Bourneville, lui-même ayant accueilli Maria Montessori en 1899-1900 dans ses services pour enfants de l’hôpital à Kremlin Bicêtre (banlieue parisienne).
Je vous laisse lire l’introduction de son ouvrage (traduite par Murielle Lefebvre avec appui de l’application google translate) depuis la version américaine « Pedagogical anthropology » datant de 1913.
L’original « Antropologia Pedagogica » avait été rédigé par Maria en 1910.
Si on remet cet ouvrage dans le cursus de la vie de Maria, elle s’était rendue au Kremlin Bicêtre dans le service du Docteur Bourneville, elle y avait traduit l’ouvrage du docteur Edouard Séguin en 1900 et elle avait ouvert sa première Maison des enfants à Rome en 1907. La « pédagogie scientifique » dont elle fait l’écho dans le texte ci-dessous est bien celle qu’elle s’attachera à mettre en oeuvre par la suite durant une quarantaine d’années.
Depuis quelque temps, on a beaucoup parlé en Italie de l’anthropologie pédagogique ; mais je ne pense pas qu’on ait tenté jusqu’à présent de définir une science correspondant à un tel titre ; c’est-à-dire une méthode qui systématise l’étude positive de l’élève à des fins pédagogiques et en vue d’établir des principes philosophiques de l’éducation.
Dès que l’anthropologie annexe l’adjectif « pédagogique », elle devrait établir sa portée sur la conception fondamentale d’une amélioration possible de l’homme, fondée sur la connaissance positive des lois de la vie humaine. Contrairement à l’anthropologie générale qui, partant de données positives fondées sur l’observation, remonte vers des problèmes philosophiques sur l’origine de l’homme, l’anthropologie pédagogique, partant d’une base analogue d’observation et de recherche, doit s’élever vers des conceptions philosophiques sur la destinée future de l’homme du point de vue biologique. L’étude des anomalies congénitales et de leur origine biologique et sociale doit sans doute faire partie de l’anthropologie pédagogique, afin de fournir une base positive à une hygiène humaine universelle, dont le seul champ d’action doit être l’école ; mais l’étude des défauts de croissance chez l’homme normal revêt une importance encore plus grande ; parce que la lutte contre ces phénomènes constitue de toute évidence la voie pratique pour une large régénération de l’humanité.
Si dans l’avenir une pédagogie scientifique est destinée à se développer, elle se consacrera à l’éducation d’hommes déjà rendus physiquement meilleurs grâce à l’action des sciences positives alliées, parmi lesquelles l’anthropologie pédagogique tient la première place.
L’importance actuelle prise par toutes les sciences destinées à régénérer l’éducation et son environnement, l’école, a de profondes racines sociales et s’impose à nous comme la voie nécessaire vers de nouveaux progrès ; en fait, la transformation de l’environnement extérieur, due au puissant développement des sciences expérimentales au cours du siècle dernier, doit aboutir à un homme transformé en conséquence ; ou bien la civilisation doit s’arrêter devant l’obstacle présenté par une race humaine dépourvue de force organique et de caractère.
Le présent volume comprend les conférences que j’ai données dans l’Université de Rome, pendant une période de quatre ans, le tout soigneusement conservé par l’un de mes étudiants, Signor Franceschetti.
Mes remerciements vont à mon maître Professeur Giuseppe Sergi qui, après m’avoir poussée à orienter mes études anthropologiques vers l’école, il me recommanda comme spécialiste en la matière ; et mon cours universitaire gratuit pour les étudiants de la Faculté des Sciences Naturelles et de Médecine a été créé, conformément à ses conseils, par l’École Pédagogique de l’Université de Rome. (Traduction de google et Murielle Lefebvre).
Le volume contient également les images utilisées sous forme de diapositives pour illustrer les cours, images tirées en partie de divers travaux de recherche mentionnés dans ce volume. Nous remercions chaleureusement les scientifiques et les universitaires dont les travaux sont ainsi mentionnés.
J’ai divisé mon sujet en dix chapitres, selon un système particulier : à savoir que chaque chapitre est complet en lui-même, par exemple, le premier chapitre, qui est très long, contient un aperçu de la biologie générale, et en même temps des généralisations biologiques et sociales concernant l’homme considéré de notre point de vue d’éducateurs, et fournit ainsi une conception organique complète que le reste du livre analyse, une partie à la fois ; le chapitre sur le bassin, en revanche, est extrêmement court, mais il couvre complètement les principes relatifs à cette partie particulière, parce qu’ils se prêtent à un traitement aussi condensé.
Loin de supposer que j’ai écrit un ouvrage définitif, c’est seulement à la demande de mes étudiants et de mon éditeur que j’ai consenti à la publication de ces conférences, qui représentent un modeste effort pour justifier la foi du maître qui m’a poussé à consacrer mes services en tant qu’enseignante à l’avancement de l’école.
Maria Montessori
Il n’existe pas cinq théories des apprentissages, mais deux seulement
Quelles sont les théories d’apprentissage ? Je vous propose de re(visiter) cette question fondamentale à laquelle nous pouvons réfléchir en nous posant une question basique : Comment un humain apprend-il ?
Dans un premier temps, nous nous accorderons sur les mots et les définitions les plus précises qui ont été données aux théories d’apprentissage, par leur concepteur si possible. Puis, nous donnerons un exemple concret d’apprentissage et enfin nous conclurons par le fait qu’il n’y a pas cinq mais seulement deux théories d’apprentissage humains.
Les théories d’apprentissage
Commençons par revisiter la définition d’une théorie (dans le sens processus) d’apprentissage, car je vois, lis et entends beaucoup de professionnels ou non professionnels qui ne font pas de différence entre théories d’apprentissage et méthodes pédagogiques. Alors que ces dernières découlent des premières.
Vous remarquez que dans le monde de l’Education, comme dans d’autres secteurs d’ailleurs, les mots n’ont plus de signification certaine, inamovible. Chacun argumente de son utilisation personnelle des termes et quand je pose une question sur la définition d’une expression, on me répond que l’usage prendrait le dessus sur la définition ! Il en est ainsi actuellement, et c’est dommage car la communication est rendue plus difficile si on appelle un chien un chat et vice-versa, certes ce sont des animaux domestiques dans lesquels l’homme investit de plus en plus au sens propre comme au sens figuré, mais pour autant ils ne sont pas du même genre et donc pas de la même espèce, biologiquement parlant.
Vous connaissez l’autre exemple avec l’utilisation généralisée du mot technologie à la place du mot technique, ou encore l’exemple galvaudé de la phrase « Partage-moi ton document » au lieu de « Partage ton document avec moi », ou encore le dernier exemple -qui m’énerve je dois l’avouer dont voici une illustration récente avec un journaliste français des JO à Paris entendu hier sur une chaîne télévisée : « j’ai été au stade » au lieu de « je suis allé au stade ». Même si le verbe aller est un des verbes les plus difficiles et irréguliers de la langue française, en tant que journaliste, je pense que des savoirs minimum s’imposent.
Poursuivons sur les théories d’apprentissage.
Il semble qu’il en existe une classification « académique » dont voici un résumé en image ci-dessous (désolée je n’ai plus la source). C’est repris par les uns et les autres sur youtube, avec des variantes, des ajouts, des oublis… Ces différentes interprétations ont déclenché ma réflexion. En réfléchissant, je constate que le connectivisme n »est pas une nouvelle théorie, puisque les composantes de base, restent les mêmes, à savoir qu’il y a un apprenant et un enseignant (virtuel ou non). Dans le connectivisme, il y a une posture de l’apprenant décrite comme plutôt active (encore faut-il s’entendre sur cet adjectif) et une posture de l’enseignant avec certes les deux nouveautés suivantes grâce aux techniques contemporaines (et non pas technologies si vous avez retenu l’information ci-dessus -)
1- un enseignant virtuel type robot qui diffuse des leçons
2- des leçons qui peuvent être à distance, synchrones ou asynchrones
Quoiqu’il en soit, pour ma part, je n’en fais pas une théorie d’apprentissage supplémentaire pour autant. Quant à la 4e théorie, je pense qu’elle est un sous-théorie de celle du constructivisme.
En définitif, selon moi, les théories d’apprentissage répondent à la question : comment un humain apprend-il ?
Et là, il n’y a que 2 réponses possibles :
- Il peut apprendre par lui-même (en regardant, en lisant, en s’exerçant),
Par exemple, je plante une pomme de terre dans mon jardin et j’attends de voir ce qu’il se passe. - Il peut apprendre des autres (qui lui enseignent, qu’il voit faire ou qu’il écoute, etc.).
Par exemple, j’écoute ma voisine m’expliquer comment elle cultive ses pommes de terre.
L’innovation, terme très usité actuellement, n’est possible ni dans les théories d’apprentissage ni dans les pédagogies (nous en avons déjà donné des explications et définitions sur ce blog), en revanche elle est possible dans les outils pédagogiques, c’est-à-dire la forme de l’apprentissage proposée aux apprenants. Et c’est bien ce qui est repris dans la 5e théorie, le connectivisme, la forme et non le fond.
Nous apprenons grâce à des informations recueillies avec des outils numériques, certes, mais dans ce cas c’est une forme N°2 de ma nomenclature ci-dessus, cad qu’on apprend des autres (une ou plusieurs personnes) qui diffusent leurs informations sous une forme électronique.
Prenons un exemple concret.
Pour apprendre par coeur les tables de multiplication, il faut les répéter et les répéter afin d’activer les neurones et leurs connexions de telle sorte qu’ils « impriment » notre mémoire à long terme. C’est-à-dire que même à 74 ans, un homme ou une femme répond immédiatement 20 à la question 4X5.
Il ou elle est passée, tout au long de sa vie par plusieurs théories d’apprentissage : behaviouriste (répétitions avec récompense ou punitions pour renforcer les apprentissages) cognitive (manipulations de matériels ou vidéos) et constructivisme (assimilations et accomodations piagéennes selon des étapes de développement de l’individu). Mais en définitif, il ou elle a appris soit seule (en récitant tout haut les tables dans sa chambre durant son enfance), soit avec des outils (manipulations de perles colorées montessori par exemple) et des acteurs (enseignants ou parents l’interrogeant).
Il ou elle a bénéficié de méthodes pédagogiques (Montessori ou Steiner) ou pas, d’outils pédagogiques différents (les tables montessori, des chansons, des gestes, des couleurs, des carnets à remplir, du matériel spécifique, des jeux didactiques, etc…) Quoiqu’il en soit, le processus d’apprentissage reviendra au même : le cerveau enregistre les tables de multiplication (sons, images, signes, gestes ou situations) et est capable de les faire revenir instantanément quand c’est demandé (principe de l’évocation en neuropédagogie).
Pour conclure, je dirais qu’en tant que pédagogues, nous devons définir les termes « modes d’apprentissage, théories d’apprentissage ou modèles d’apprentissages » tout comme « méthode pédagogique, courant pédagogique, mouvement pédagogique, pédagogie tout court » car sinon nous nous éloignons les uns des autres par manque de compréhension et langage commun.
La langue française a un mot pour définir chaque infime partie, d’une sous-partie elle-même partie d’un tout. La connaissance et le choix du mot juste sont donc importants pour se parler, s’écouter et donc se comprendre et avancer ensemble.
Construire notre propre représentation du monde, la plus fine, factuelle et proche du réel, permet de s’y épanouir. Elle passe par le langage et la réflexion donc l’utilisation de notre cerveau (intelligence).
L’optimisme selon Hellen Keller, sourde, muette et aveugle
Issu de mon livre « Montessori aux USA » que vous pouvez vous procurer exclusivement ici :
vous trouverez un extrait sur Helen Keller, jeune femme américaine incroyable que Maria Montessori a rencontrée lors de son premier voyage en 2015.
Lisez aussi cet article (en anglais) : ICI
Regard sur la vie de Maria Montessori
Murielle vous propose une mise à jour de la timeline de la vie de Maria Montessori.
En effet, on a accès a de plus en plus d’informations sur ce sujet, soit sur l’internet, soit grâce à des publications (dont les plus fiables pourraient être celles publiées par ses arrières-petits-enfants).
Il est utile d’analyser les événements marquants qui ont ponctué le chemin de vie de Maria et sa famille et de les remettre dans le contexte international de l’époque.
Découvrez ou redécouvrez les huit décennies de Maria Montessori.
Pourquoi la pédagogie Montessori n’est-elle toujours pas appliquée dans l’Education Nationale ?
Les causes sont multiples. Je vais évoquer seulement trois causes dans ce post :
– Les enseignants de l’Education Nationale n’en veulent pas
Je rencontre souvent des enseignants, et la plupart du temps, je vois leur réaction de défense et de fermeture quand on leur parle de Montessori. Ils se sentent souvent mal à l’aise vis-à-vis des pédagogies car ils ne les connaissent pas (ils n’y sont pas formés et on leur dit qu’ils peuvent enseigner sans). C’est comme un boulanger auquel on n’aurait pas appris à faire autre chose que des baguettes de pain blanc.
– C’est une pédagogie qui met l’enfant au centre
On enlève les estrades de l’enseignant, les bureaux et les chaises de la salle de classe. On supprime les interrogations écrites et orales, on ajoute du matériel pédagogique. Et l’enfant devient le centre de ses apprentissages. Ce n’est pas concevable par la plupart des enseignants actuels dans un monde où l’on pense encore que c’est l’adulte le modèle et le maître. Nombreux sont ceux qui ne veulent pas entendre que les enfants apprennent par eux-mêmes, de leurs pairs et grâce aux matériels pédagogiques adaptés.
– Les valeurs de cette pédagogie ne sont pas républicaines mais universelles
Maria Montessori a été une citoyenne du monde. Elle a fui son pays natal et a été accueillie comme une reine dans d’autres. Italienne de naissance, elle a vécu 15 années en Espagne, 7 ans en Inde; elle a étudié à Paris, elle a effectué 2 longs voyages de plusieurs mois à travers les US, et elle a fini sa vie aux Pays-Bas.
Les valeurs de l’Education qu’elle prône ne sont pas italiennes, espagnoles ou françaises elles sont universelles pour l’Enfant.
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