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Education pour la vie, extraits de la lettre N°8 – Juin 2009

Editorial par Murielle Lefebvre

La pédagogie ou l’Education sensorielle personnalisée

Je me suis rendue ce mois-ci à une réunion d’information dans le collège de mon fils. Le proviseur est un homme charmant, dévoué et son établissement considéré comme pilote dans la région voire dans l’académie.

– Il y a en effet des options sportives, des options « langues », un accueil pour les enfants handicapés, etc…

Voici ce qui nous était présenté.

La prochaine innovation consiste en la création d’une « classe expérimentale », qui fonctionnera selon une pédagogie nouvelle basée sur l’enseignement par projets. Cette classe regroupera les enseignants et les enfants volontaires et motivés.

Durant la présentation de ce projet, les parents présents ont réagi positivement. Le proviseur disait que les enfants allaient être acteurs et moins passifs dans leurs apprentissages. Un parent sans doute déjà convaincu a timidement demandé « Pourquoi ne pas généraliser à toutes les classes ? » La question était pertinente : présenter un tel projet revenait à avouer l’échec de l’enseignement actuel. Rassurez-vous (ou désespérez-vous) : les cours magistraux au collège ne sont pas morts (hélas).

Car j’ai vu la motivation des parents baisser aussi vite qu’elle avait grimpé à l’annonce d’un système de notation différent. Les parents eux-mêmes ne sont pas tous prêts à changer l’éducation de leurs enfants.

Sur le thème (très sérieux et fondamental) du mois, qu’est le sensoriel, j’ai envie de vous redire que l’éveil des sens est plus qu’autrefois indispensable aux apprentissages de tous. Du bébé à nos grands-parents (souffrants de la maladie d’Alzheimer ou non), nous avons grand besoin de nous équilibrer dans les ancrages sensoriels de notre passé ou notre présent.

L’utilisation du sensoriel est une aide très puissante au développement de nos capacités physiques et intellectuelles. J’observe mon bébé âgé de 11 mois et je le vois tout mettre près de sa bouche. Il ne met pas tous les objets « dans sa bouche » mais le contact est systématique, de la feuille d’arbre au caillou en passant par la serpillière ou le papier trouvé dans la poubelle !

Mais plus que passer sa langue sur l’objet, le bébé le sent avec son petit odorat et c’est ainsi qu’il le développe. Il touche l’objet, le froisse, l’étire ou le déchire si c’est possible. Il le transporte parfois. Il apprend donc inconsciemment à connaître des poids, des textures, des formes, couleurs et chaleur. Il ferme les yeux pour anticiper une chute ou une réaction d’un objet lourd ou sonore qu’il a déjà mémorisés ! Sans ces (mais surtout SES) expériences quotidiennes, ses (et peut-être CES) sens ne pourraient se développer et ses capacités futures en seraient réduites.

Murielle LEFEBVRE, 30 mai 2009

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L’enfant autiste et l’approche sensorielle de la pédagogie Montessori.

Lorsque l’enfant autiste apprend à apparier les boîtes à sons, il apprend surtout à se concentrer pour retrouver un son au milieu de tous les bruits ambiants qui peuvent l’attirer (une mouche qui vole, la respiration de son voisin…). Cette concentration l’aide pour d’autres apprentissages.

J’aime beaucoup la pédagogie Montessori, qui permet d’intéresser l’enfant autiste, et de lui faire découvrir un concept à la fois. Il n’est jamais en échec. Il apprend. Cela l’aide à trier les informations, faire des classifications correctes : toucher un tissu rêche, un autre doux, un autre fin….

Et comprendre la différence entre plus haut, plus long, plus large, plus fin, plus épais… Grâce à la progression proposée par la tour rose, l’escalier marron, les blocs cylindres par exemple. Que de notions abstraites et difficiles à expliquer à un enfant autiste, et qui deviennent si évidentes grâce au matériel sensoriel.

Lorsque l’enfant autiste a appris à toucher, observer, ressentir, classer, sensoriellement, il est prêt à d’autres apprentissages plus complexes.

Les personnes autistes pensent en images. Avec la pédagogie Montessori, l’image et associée aux dimensions spatiales, au sens stéréognostique, et l’enfant est acteur de son apprentissage.

Un exemple me revient en mémoire. Un jour, la psychologue (cognitivo-comportementaliste) qui suit mon fiston, lui demande de lui montrer combien mesure un mètre. Il écarte l’index et le pouce de sa main droite et montre quelque chose comme 2 cm. Puis elle lui demande de se déplacer d’un mètre. Il fait un pas ordinaire. En fait, cela ne représentait rien pour lui. Sur ses livres de maths scolaires, les dessins sont réduits à une échelle permettant que cela tienne sur une page. Et comment comprendre ce qu’est une échelle lorsqu’on a comme seule représentation visuelle celle qui sert à grimper jusqu’au grenier ?  Nous n’avions pas encore connaissance du matériel des barres rouges, et nous avons donc fait une barre  en bois d’un mètre.

Plus tard avec les barres rouges, l’enfant a ressenti les dimensions. « Un mètre, c’est la grande barre rouge. » Et là, il écarte les bras comme pour transporter la grande barre rouge. Il sait de quoi on parle. Il déduira ensuite qu’une fourmi ne peut pas se mesurer en mètres… Il saura trier les éléments selon leur taille ce qui le préparera aux unités de mesure.

Il développera une logique basée sur la réalité, et non sur sa compréhension erronée car basée sur des détails (un mètre : deux points sur une longueur variable).

Et la mémoire stéréognostique associée à la mémoire visuelle, vont ancrer pour toujours cet apprentissage.

Sylvie

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L’intérêt de la lecture analogique par Alain Lefebvre

L’éducation sensorielle est nécessaire car, contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier regard, nous ne “lisons” pas le monde uniquement en le déchiffrant morceau par morceau, méthodiquement, séquentiellement… Nous avons aussi un autre mode de perception visuelle qui embrasse plus large et permet d’assimiler l’information bien plus vite : la lecture analogique.

Pour comprendre la notion de lecture analogique, il faut d’abord revenir sur le mode de lecture digitale que nous utilisons pour déchiffrer un texte, entre autres. Le meilleur exemple pour illustrer ce fonctionnement dual (digital ou analogique), c’est la lecture de l’heure sur les horloges. Suivant le mode d’affichage de l’horloge, vous allez lire l’heure selon un mode ou un autre. Si l’horloge est équipée d’aiguilles parcourant un cadran, votre lecture est forcément analogique dans la mesure où vous percevez la position d’une aiguille et que cette perception vous suffit pour avoir une idée approximative du nombre de minutes restant avant que 15H00 sonne par exemple. Il va sans dire que ce mode de lecture est très rapide, bien plus que si votre horloge ou votre montre est équipée d’un cadran affichant quatre chiffres (avec deux points clignotants au millieu dans la plupart des cas) qui donnent l’heure exacte à la minute près (14:49 par exemple) mais dont la lecture forcément digitale va devoir passer par un processus séquentiel où chaque digit doit être perçu et compris exactement avant de passer au suivant. Pas d’approximation rapide dans ce cas, la perception ne peut être immédiate, elle est bien plus lente mais elle est aussi beaucoup plus précise.

Les décénies précédentes ont connu une montée de la popularité des affichages digitaux dans les horloges, les montres et même les tableaux de bord des voitures avant de décroître tout aussi vite devant le changement de mode de lecture que ces affichages imposaient. En effet, quand vous êtes au volant de votre voiture, la lecture de la vitesse est instantanée s’il s’agit d’une aiguille sur un cadran alors qu’elle est beaucoup plus lente (et demande bien plus d’attention) s’il s’agit d’un chiffre sur un écran…

L’éducation sensorielle permet de développer l’aisance de la lecture analogique et ce n’est pas par hasard que l’apprentissage de l’heure pour les jeunes enfants se fait beaucoup plus facilement sur un cadran traditionnel (sur une plage de douze heures et avec des aiguilles) qu’avec un écran à quatre digits. Nous utilisons la lecture analogique beaucoup plus souvent que la lecture digitale dans notre vie quotidienne et avec une grande efficacité. Mais, comme tous les sens, celui-ci gagne à être éduqué et entraîné avec des excercices adéquats. L’éducation sensorielle n’est pas seulement une préparation à la lecture, c’est aussi un bon entrainement pour lire les perceptions de tous les jours.

Alain Lefebvre, webmaster de Montessori En France.

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Histoire vécue par Bernadette Moussy

Exactitude ou respect du rythme ?

Il est 9 heures 25, j’entre dans la salle de cours, il n’y a personne ! le cours de pédagogie que je viens faire à des élèves éducateurs, est à 9 heures 30. C’est souvent comme cela et je rêve d’un jour où les étudiants sont là à l’heure. A 9 heures 35 deux étudiantes arrivent : elles me regardent avec curiosité tout en me disant bonjour. Elles continuent à bavarder. Pourquoi me regardent-elle ainsi, c’est bien aujourd’hui et ici que mon cours a lieu ! Peut-être n’ont-elles pas l’habitude de voir les enseignants arriver à l’heure ?

A 9 heures 45 la moitié des étudiants est arrivée, j’attends qu’ils se taisent… m’ont-ils vue ?  J’attends « ostensiblement » ! je les regarde, je regarde ma montre !

Les autres arrivent, s’installent en faisant du bruit, racontent les dernières nouvelles de l’institution, se montrent des documents, des photos. Cela fait plus d’un quart d’heure que l’heure de commencer est passée.

Je bous intérieurement. J’ai des connaissances à leur apporter, on n’a pas de temps à perdre !

Peu à peu mon impatience va se transformer en observation : en effet, que se disent-ils ? Que font-ils ? Ils sortent leurs cahiers, s’installent le moins mal possible sur ces chaises inconfortables… racontent ce qu’ils viennent de vivre dans les transports ou même avant… Ils continuent peut-être la conversation interrompue hier. Anticipent la journée qui commence.

Je me souviens lorsque j’étais à leur place, à leur âge…

Que se passe-t-il en fait durant ce moment intermédiaire ? Et si les étudiants avaient besoin de reprendre contact les uns avec les autres, de se sentir bien entre eux. S’ils avaient besoin de s’installer à leur place, à côté d’un ami, de choisir un lieu dans la salle, avant de se tourner vers l’extérieur, d’écouter ou participer à un cours ? De mettre en place un certain confort aussi bien physique que mental ?

Cette reprise de contact peut être vu aussi comme un préliminaire, une mise en condition, une préparation. C’est un sas pour éliminer certaines tensions et avoir une meilleure disponibilité durant le cours.

Demander aux étudiants d’être exacts est évident, mais exiger qu’ils soient prêts de suite à « entrer dans le jeu » n’est pas réaliste.

Je dois accepter ce moment intermédiaire que je vais peu à peu considérer comme une condition à ce que l’enseignement se déroule bien.

A un moment une étudiante me voit, fait signe aux autres de se taire…peu à peu le silence s’installe.

Je leur dis bonjour et je me présente !

Je peux faire mon cours.

Il est 16 heures 10, on est vendredi, il fait une chaleur insupportable, le manque d’air dans la salle de cours est épuisant, je viens de parler une heure, je n’en peux plus, les étudiants non plus. Si je continue jusqu’à 16 heures trente comme cela est prévu, on va passer du temps pour rien, je vais avoir l’impression de parler en face d’un vide insupportable, où ma voix baisse, où je deviens ennuyeuse! J’ai l’impression d’être aspirée par un gouffre, je me liquéfie et cela ne sert à rien ! Je leur propose d’arrêter.

L’ambiance se transforme, c’est la détente, chacun se lève pour partir ! je suis un peu déçue mais moi aussi je suis soulagée ! La salle se vide, seuls restent un ou deux étudiants qui partent toujours les derniers…rêveurs…comme s’ils avaient besoin de rester un peu pour assimiler, digérer…

Le rythme, pulsation de la vie, est une alternance de tensions et détentes, d’intériorisation et d’expression, de chaos et de mise en ordre. C’est un élément essentiel de l’éducation. Si on ne l’écoute pas et qu’on ne pense qu’à imposer son projet, il risque de se passer un essoufflement dans l’apprentissage car celui qui apprend n’est pas prêt à participer.

La pédagogie n’est-elle pas souvent une succession de réajustements, d’adaptations à l’autre afin que celui-ci, à son tour s’ouvre à la connaissance ?

Bernadette Moussy

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