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Education pour la vie, extraits de la lettre N°5 – Mars 2009

Editorial par Murielle Lefebvre

Autonomie et Liberté

Toutes les personnes qui prennent soin d’un ou plusieurs enfants aujourd’hui prétendent être attentifs à les rendre autonomes.

Que signifie vraiment « autonome », nous pourrions nous lancer dans une dissertation en traitant les différentes acceptions du terme « autonomie ».

En France actuellement, ce concept est galvaudé et souvent réduit au fait de savoir s’habiller seul, manger seul, se débrouiller seul, mais uniquement dans nos limites culturelles d’adultes. Cela nous est bien utile que nos enfants « se gardent seuls » en attendant que nous rentrions du travail ou des courses. En revanche, ils ne peuvent choisir leur domaine d’intérêt, leur moment de fatigue ou ce qu’ils aiment manger car là les adultes sont rois.

Réfléchissons et observons les limites de nos enfants et nos limites d’adultes.

Nous asseyons le bébé dès son plus jeune âge en le calant avec des coussins, nous coupons sans cesse la concentration des enfants pour d’excellentes raisons : c’est l’heure de déjeuner, de la récréation ou celle d’aller au lit. Nous leur faisons subir nos rythmes d’adultes : lever très tôt, pour se précipiter dans des milieux stressants de pollution, d’anxiété et d’accélération complètement inadaptée aux enfants.

Observons les adolescents par exemple, sont-ils autonomes ?
On les conduit au lycée, on leur prépare leur repas ou le paie, on les aide à travailler ou on leur paie des cours de soutien scolaire, on les emmène en vacances, on choisit leurs thèmes d’études et leurs vêtements, etc.
Ne parlons pas de l’autonomie des étudiants… Lisez plutôt ce que Maria Montessori a écrit sur les étudiants de son époque, c’est aussi la nôtre, car rien n’a changé, hélas.

D’ailleurs sommes-nous adultes, des êtres autonomes ?

Si l’on s’intéresse à l’autonomie sous l’angle montessorien des besoins fondamentaux, l’homme aujourd’hui n’est pas autonome dans sa nourriture, son habitat, ses vêtements : il ne cultive ou n’élève pas lui-même, ne construit pas son toit et ne fabrique ni ne coud ses vêtements.

L’autonomie nous conduit à réfléchir au concept de liberté. Peut-on dire qu’un enfant est libre dans notre société actuelle ?

Maria Montessori a beaucoup réfléchi à la liberté et l’autonomie de l’enfant. A son époque, dans son monde culturel, tout était différent. Elle s’est concentrée sur les enfants dont les parents partaient travailler toute la journée afin de nourrir leurs enfants livrés à eux-mêmes durant ce laps de temps. Elle a observé que la construction de l’être se fait intérieurement grâce à une ambiance extérieure adaptée dans laquelle l’enfant est libre de développer sa personnalité unique.

Notre ambiance est-elle adaptée à la construction de l’être unique de l’enfant que l’on observe et qui veut devenir un être autonome ?

Murielle LEFEBVRE

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Notre association a le plaisir de vous annoncer notre dernière publication : « 365 jours d’école à la maison » selon la pédagogie Montessori.

Ce livre est, tout comme le premier ouvrage édité par notre association, « la pédagogie montessori illustré »  le premier document richement illustré sur ce sujet.

L’objectif premier de notre association depuis 9 ans bientôt n’a pas changé : nous voulons vulgariser la pédagogie de Madame Maria Montessori.

Même si cette pédagogie n’a pas été créée pour être appliquée en famille ; en absence de structures adaptées actuellement en France, l’éducation à la maison demeure une alternative positive pour l’enfant.

Vous découvrirez dans ce livre plus de 150 photos, des thèmes académiques tels les mathématiques ou les sciences. Nous espérons participer activement au développement de cette pédagogie afin qu’elle soit accessible enfin à un grand nombre d’enfants.

Nous avons ouvert un site internet dédié à ce sujet et attendons vos avis :

www.ecolealamaison.org

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Liberté et autonomie par Elisabeth.

L’autonomie est souvent assimilée au fait de savoir faire seul. Mais ce principe est bien réducteur. Un adulte qui demande par exemple à un enfant de mettre seul ses chaussures : peut-on vraiment parler d’autonomie ? Cette dernière consiste plutôt à connaître ses besoins, à savoir par soi-même ce que l’on a à faire. L’enfant n’a alors pas la nécessité d’être dirigé par l’adulte. Il prend en charge sa vie d’enfant. Il connaît ses limites, il discerne ses besoins.

Dans une classe Montessori, si l’enseignant, de par son attitude de guide a su créer une ambiance sereine faite de respect et de bienveillance et qu’il ne se comporte donc pas comme un maître qui impose, dirige, et punit, l’enfant sera alors heureux, épanoui, à sa place, et prêt à être autonome.

C’est là une mission primordiale pour un Educateur Montessori.

Et la liberté dans tout cela ? Elle est pour beaucoup synonyme de laxisme, d’abandon de l’adulte. Alors qu’au contraire elle permet à l’enfant de s’épanouir, d’être autonome. La liberté ne doit pas être une prise de pouvoir. Si l’enfant subit toujours la répression de l’adulte et qu’un jour on lui permet d’être libre. Qu’en fera-t-il ? Il utilisera sa liberté pour faire subir aux autres ce qu’on lui a toujours imposé. Et tous ceux qui subiront alors auront perdu à leur tour le vrai sens du mot liberté.

Tandis que si on crée toutes les conditions favorables pour que l’enfant grandisse dans le respect, l’autonomie, et qu’il puisse choisir entre ce qui est bon pour lui et ce qui ne l’est pas, entre ce qu’il a envie de faire et ce qu’il ne veut pas ; toute la différence est là. Je pense que lorsque l’on a éveillé son esprit à la liberté, tout le comportement de l’enfant et son attitude envers les autres en bénéficieront.

La question en réalité est de savoir quel genre d’adulte désire-t-on que l’enfant devienne ?

Car la liberté peut faire peur …

Elisabeth, éducatrice Montessori formée par l’AMIS travaillant auprès des enfants âgés de 3- 6 ans, dans une école Montessori en région parisienne

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Les débuts de la coordination œil/main chez le tout petit

Chez l’être humain, le mouvement de la main se décompose en 3 étapes distinctes :

– Diriger

– Attraper

– Lâcher

Pour diriger la main, nous avons besoin d’être guidé par la vision. La coordination O/M est donc le résultat de la combinaison des mouvements de l’œil et de la main, l’interaction entre les mouvements de l’un et de l’autre. Le terme de coordination induit qu’il s’agit du « travail d’équipe » de deux parties du corps. La vision dirige la main, assurant l’ajustement constant des mouvements des doigts et de la main, en fonction de la tâche à accomplir. C’est  l’habileté manuelle, action sensorielle et motrice (fine en particulier) fondamentale pour manipuler, jouer, apprendre dans tous les domaines et tout au long de sa vie et qui peut souvent soit se manifester par une grande adaptation soit au contraire par des difficultés.

C’est à partir du moment où le petit enfant peut s’asseoir que ses mains fournissent une activité différente car dans cette position, elle sont vraiment libérées.

Mais revenons ensemble sur les signes qui précèdent le début de la coordination O/M vraiment observable   aux environs de 4 mois.

Entre la naissance et 2 mois, il n’y a pas vraiment de coordination O/M : les mains du bébé sont le plus souvent fermées en poing (réflexe d’agrippement) puis s’ouvrent peu à peu (cf article précédent).

En ce qui concerne les yeux, vers 1 mois, quand il est couché sur le dos, l’enfant commence à fixer un objet placé dans son champ visuel puis tourne la tête pour en suivre les déplacements. Yeux et tête se déplacent alors ensemble, mais ensuite les yeux pourront bouger indépendamment de la tête. C’est très important que les mouvements des yeux acquièrent leur indépendance vis-à-vis de ceux de la tête. Sinon chaque mouvement fait par l’enfant entraînera également ses yeux qui, de ce fait, ne pourront rester fixés sur leur objectif  sinon au prix d’efforts importants, de tensions, de fatigue visuelle importante voire de maux de tête. Ceci influencera considérablement les apprentissages.

Une des raisons pour lesquelles cela se produit est la non-inhibition des réflexes primitifs. En effet, la maturité du sens de l’équilibre est un préalable indispensable au bon fonctionnement du système visuel de l’enfant. La manière dont il utilise ses yeux dépend pour beaucoup de l’inhibition de ses réflexes primitifs et de l’émergence des réflexes reliant le système vestibulaire (équilibre) aux mouvements des yeux. C’est un domaine passionnant… Mais revenons à nos tout petits .

Parmi les objets qui attirent l’attention du bébé, ses mains sont une source d’attraction particulière : elles s’ouvrent, se touchent, s’animent, l’enfant les porte à sa bouche puis fixe son regard sur une main et peut suivre son déplacement. Au cours des premiers mois, on pourrait presque  croire que c’est la main qui dirige l’œil ! Plus tard, si l’on prend l’exemple d’un enfant qui remplit   un contenant avec des graines, on verra bien que  c’est la vision qui intervient pour localiser la graine, évaluer sa grosseur et ensuite aider l’enfant à placer ses doigts de la bonne façon pour la prendre (dextérité manuelle). Il en sera de même beaucoup plus tard pour les touches sur le clavier  d’un ordinateur où la vision occupe un très grand rôle (les doigts se posent séparément et successivement sur les touches localisées visuellement).  Ce qui fait ressortir l’importance du développement des habiletés psychomotrices pour assurer une plus grande liberté du corps et de l’esprit permettant entre autres l’attention et la concentration.

Entre 4 et 6 mois, quand l’enfant regarde un objet et désire le prendre, il réagit par des mouvements de bras en direction de cet objet. Puis, vers 6 mois, grâce à l’acquisition de la position assise, l’enfant pourra bouger ses bras et ainsi prendre les objets avec beaucoup plus de facilité qu’il ne le faisait dans ses positions précédentes. Il exerce alors sa coordination oculo-manuelle, de même qu’il développe de plus en plus sa dextérité, par l’évolution de la dissociation des mouvements (épaules /coudes/poignets/mains) ce qui favorise les manipulations variées, fines et plus précises.

L’approche de l’objet devient de plus en plus précise et la préhension adroite et fine apparaît vers la fin de la 1ère année. Entre 1 et 2 ans, le développement de la motricité fine se poursuit par le besoin intense d’exploration et de manipulation

à travers lesquelles l’enfant acquiert de nouvelles compétences. La coordination O/M s’accroît avec la maturation de son cerveau et avec le contrôle des mouvements de ses bras qui contribuent à une manipulation plus habile des objets (exemple de l’habileté de l’enfant à manger seul avec une cuillère).

Voici quelques activités que Maria Montessori propose aux petits enfants pouvant tenir en position assise, rampant, à 4 pattes ou se soulevant, pour stimuler leur coordination O/M :

– à partir de 7 mois, des anneaux de différentes couleurs, avec un grand diamètre intérieur, à enfiler sur une base mouvante (type culbuto).

– de 8 à 9 mois, une boîte percée d’un trou dans lequel l’enfant peut introduire des petites balles  qu’il pourra récupérer ensuite en ouvrant un petit tiroir.

– à cette même période, un style «  petit établi » avec des orifices de tailles différentes dans lesquels l’enfant introduira des balles  qui disparaîtront pour mieux réapparaître ensuite, lui permettant ainsi d’appréhender la notion de « permanence de l’objet ».

– vers 8 à 10 mois, des anneaux de même diamètre à enlever et remettre sur une base stable.

Pour que les activités puissent être réussies, il est important de les adapter au niveau de l’enfant tout en conservant la notion d’effort si importante pour progresser. C’est pourquoi, lorsque la même activité est réussie plusieurs fois (importance de la répétition), on peut y ajouter un nouvel élément (élément pensant).

Et c’est ainsi que peu à peu le petit enfant constatera que le succès est possible, qu’il est capable de faire seul, installant ainsi en lui les bases d’une confiance progressive en lui-même.

Remarques, observations et questions seront toujours les bienvenues.

Josette G, Enseignante Formatrice Enfance

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LES TRAVAUX DE KAYRA 

Kayra est fillette de trois ans. Sa maman est docteur en  marketing à l’université et son papa professeur d’anglais au lycée. Tous les deux s’intéressent à leur fillette. C’est en général sa maman qui la laisse chez une puéricultrice pendant la journée et la ramène le soir. Le soir, Kayra joue avec sa maman à la maison jusqu’ à ce que son papa se soit rendu. Après l’arrivé du papa, on dîne et après le repas elle joue un peu de temps avec les parents et puis elle dort.

Voilà ce que sa maman m’a raconté concernant Kayra : elle aime bien « le jeu de chat ». Elle devient la chatte, s’approche de moi et miaule comme une chatte. Et moi, je dis « Ah ! Voilà ma petite chatte ! » et je la prends dans mes bras et nous nous embrassons. De temps en temps, on répète ce jeu pendant les repas. C’est elle qui dirige le jeu.

Kayra : « Aujourd’hui, aucune chatte n’est venue » dis-moi maman, dit-elle derrière un fauteuil.

Maman : « Aujourd’hui, aucune chatte n’est venue, moi j’ai cuisiné le poisson et les chats l’aiment bien».

Puis Kayra  s’approche de moi en marchant à quatre pattes en même temps qu’en miaulant et mange un morceau de poisson. Elle devient parfois un petit chien ou un petit dinosaure pendant le repas.

Nous avons encore un autre jeu : « la liste des achats ». On choit un panier d’achats et une liste. Dans le panier, il y a des cartes en carré sur lesquelles il y a des images des marchandises.  Sur la liste, il y a des images des articles (marchandises). Kayra et moi, nous rangeons les marchandises sur le tapis dans le salon. Moi, je deviens marchande, et elle la cliente. Elle prend la liste et en regardant les images sur la liste et sur les cartes me demande une marchandise. Je lui donne ce qu’elle a montré. On continue le jeu jusqu’à ce que la liste se soit complétée. Après l’achèvement de la liste, elle va chez elle, une maisonnette à jouer dans un coin du salon. Selon le désire de Kayra, je deviens à la fois maman et papa chez elle. Elle sonne la porte et je l’accueille. Elle range soigneusement les marchandises à leur place. C’est- à-dire, elle met le lait, les fruits, les légumes etc. dans le réfrigérateur et les serviettes et des autres dans les placards à jouer. On répète le jeu deux ou trois fois en changeant les rôles.

Kayra aime bien aussi tracer le dessin. Elle a une petite table, les cahiers de dessin et les crayons de couleur. En générale, chaque soir elle trace le dessin qui a un thème. Par exemple, aujourd’hui, elle a dessiné les poissons dans un aquarium sur le papier à dessin. Après l’achèvement du dessin, on l’a mis sur le panneau près de la porte d’entrée.

Kayra aime bien aussi jouer à la pâte de jeu. Le dernier jour, elle avait tracé quelque chose sur un papier et avait mis de la pâte entre les traces. Elle l’avait nommé le cerf-volant. Il m’a plu et je l’ai mis sur le panneau ledit. Un jour, en jouant à la pâte avec son papa, elle a fait quelque chose et me l’a emporté. « Qu’est-ce que c’est ? Kayra » lui ai-je dit. Elle m’a dit : « un cochon sauvage qui a mis le ruban sur sa tête ».

Kayra s’influence de temps en temps du petits-enfants de sa puéricultrice. Car elle a grandi avec lui. Il s’appelle Atahan, il a sept ans et va à l’école. C’est pourquoi, il a naturellement le devoir et il le prépare près de Kayra. Elle aussi, elle veut faire le même devoir que celui d’Atahan. « Aujourd’hui, je dois écrire « Ela (couleur marron de l’ìil) » me dit-elle et elle tente de l’écrire sur le papier quand on est arrivé  à la maison. Elle connaît encore quelques lettres, mais nous, nous ne l’encourageons pas à les travailler comme nous pensons qu’elle est encore toute petite.

La Pédagogie Montessori et Les Travaux de Kayra

Selon Montessori, il y a cinq étapes du développement de l’enfant. La première, c’est celle de 0 à 3 ans. Dans cette période, le jeune enfant absorbe d’une manière inconsciente les informations de son environnement. La deuxième, c’est celle de 3 à 6 ans. Dans cette période, le jeune enfant absorbe, au contraire de la première étape, d’une manière consciente les informations de son environnement et voudrait bien dominer son entourage. La troisième, c’est celle de 6 à 12 ans. Dans cette période, l’enfant est un inventeur de nouvelles notions. Il tente de développer l’imagination et d’améliorer le pouvoir d’abstraction. Il utilise tous ses savoirs pour découvrir et étendre son environnement. La quatrième, c’est celle de 12 à 15 ans. Dans cette période, le pubère vit plusieurs changements physiques. Il tente de comprendre son statut dans la société où il vit. Il passe du stade dépendant au stade autonome. Il commence désormais à être confronté aux résultats de ses comportements. La cinquième, c’est celle de 15 à 18 ans. Dans cette période, l’adolescent comprend qu’il est un être social et il cherche les résolutions des problèmes sociaux.

Kayra vit naturellement la deuxième étape selon la pédagogie Montessori. On observe bien, chez elle, les observations de Dr. Montessori. On peut expliquer toutes ses activités avec les principes de l’éducation Montessori. Ses parents ne connaissent peut- être pas la méthode Montessori mais ils assistent d’une manière patiente aux travaux de Kayra lorsqu’elle leur demande une aide.

Dr. Eriman TOPBAŞ

Gazi Üniversitesi Ticaret ve Turizm Eğitim Fakültesi

ANKARA /TÜRKİYE etopbas@gazi.edu.tr