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Education pour la vie, extraits de la lettre N°35 – Janvier 2012

Edito de Murielle Lefebvre

La formule de notre newsletter, agée de plus de 3 ans, évolue au gré du temps, des possibilités des acteurs de notre association et de notre réseau et de vos demandes. Il semble que nous soyons tous happés par le quotidien, le tourbillon de la vie.

Nous serons donc concis et directs mais centrés sur l’essence de la pédagogie Montessori, bien qu’en ouverture sur l’évolution du monde de l’enfant.

Deux articles mensuels semblent bien suffisants pour se pencher sur des aspects et approches différents de la pédagogie Montessori. Ce mois- ci, nous vous proposons d’une part, de lire ce qu’un jeune garçon de 14 ans raconte de son expérience dans un collège Montessori et d’autre part de lire une observation faite dans une classe Montessori pour enfants sourds.

Vos demandes de formations, en ce début d’année 2012, concernent le monde du bébé. Je m’en réjouis car un petit être amène aux adultes de la joie, du recentrage sur l’essentiel. En apprendre sur eux est  une façon de les remercier de ces bienfaits gratuits et de ces moments de bonheur.

A bientôt à tous

Cordialement, Murielle LEFEBVRE

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Les 10 ans d’une école Montessori Charter (gratuite) en Floride par Damien Lefebvre

Pendant 3 mois, j’ai eu l’opportunité de suivre les cours dans une classe équivalente à la 3ème en Floride. Ce n’est pas une école comme les autres car elle applique la pédagogie Montessori mais fait parti du secteur public. L’école fêtait ses 10 ans cette année. Elle propose la maternelle, le primaire et le collège.

Je suis allé dans cet école quatre fois sur une période de 10 ans (2002-2012). Je viens de la quitter et je n’y retournerai plus puisque je serai désormais au lycée.

Chaque élève est dans une classe, appelée LE1, LE 2 etc. LE pour « Learning Environment » (Environnent d’Apprentissage). Il y a en tout 22 classes, dont 4 pour le niveau collège.

Chaque classe est encadrée par 2 éducateurs.

Il y a 2 types de salles : « Humanities and Language » (ce qui correspond à Histoire-Géographie, éducation Civique et Anglais comme langue maternelle) ; et « Sciences and Math » (ce qui correspond à Physique Chimie, Science et Vie de la Terre et Mathématiques).

Chaque élève fréquente les deux salles, mais n’a qu’une seule « Home LE » (salle principale).

Le matin, les cours commencent à 9h30.

Mais des activités sont proposées à partir de 8h15 (entrée jusqu’à 8h30 et pas plus tard).

Parmi elles, il y a : course d’endurance, musique, art, softball (genre de baseball) et une classe d’études surveillées.

Tous les élèves doivent être dans leur salle principale à 9h30.

Un des 2 profs présent doit faire l’appel et noter les commandes pour les déjeuners.

Car en effet, ils ont une livraison de repas !

Mais beaucoup d’élèves qui en ont la possibilité, dont moi, apportent leur « Lunch Box » (casse -croute ou pique-nique). Ils déposent leur déjeuner dans un placard de la classe en arrivant à l’école le matin.

Un nouveau système a été instauré cette année scolaire 2011-2012 : chaque jour est soit un jour A ou soit un jour B. Les lettres changent chaque jour.

Le matin d’un jour A, les élèves travaillent dans leur salle principale. Si c’est un jour B, ils doivent dès 9h30 changer de salle (tous les élèves ont les deux mêmes classes communes).

Ainsi, les élèves se retrouvent tous à 12h30 pour manger ensemble dehors, mais ne se voient pas pendant qu’ils travaillent.

En passant, ils travaillent toute la journée du mercredi et n’ont pas l’après midi libre comme nous en France.

Le Lundi est un jour différent des autres jours de la semaine car on a seulement «Humanities» et «Sciences».

Durant les autres jours, dès 9h30, les élèves partent pour leurs « Specials » (activités spéciales qu’ils ont choisi librement). Cela va de musique à art en passant par le softball, le frisbee, le club d’échec, ou encore le groupe d’aide pour s’organiser, le dessin sur ordinateur, le club de SF, le jeux chinois et autres. Il y a 2 specials par jour en plus de Humanities et Sciences.

Les élèves se retrouvent une heure après pour une pause soit à 10h30.

Durant la pause du matin, les élèves doivent rester dans la classe mais peuvent manger.

Manger à 10h30 ?

Eh oui, n’oublions pas que nous parlons d’enfants américains, dont 16% sont obèses (source : www.7sur7.be). Et ce chiffre, je l’ai vérifié dans l’école en constatant que chaque classe avait au moins un enfant obèse.

Après la pause, ils doivent continuer à travailler jusqu’à 12h30 pour le déjeuner. Une fois leur repas terminé, ils peuvent jouer dans la cour principale mais ils ont aussi l’option d’aller sur un champ dégagé sur le campus. Là, ils peuvent jouer au frisbee ou au football.

Une fois qu’ils se sont bien dépensés, ils doivent rentrer autour de 13h30 (je n’ai jamais vraiment su l’heure exacte !). Là, ils doivent travailler jusqu’à 15h30, moment où ils repartent pour leur deuxième activité de la journée. Lorsqu’ils ont fini à 16h, ils reviennent dans leur salle principale.

Et c’est la fin de la journée. Les parents font la file dans leur voiture pour venir chercher leur enfant ou certains élèves prennent le school bus.

En fait, cette école est un système qui évolue constamment. Par exemple, ils ont mis en place un nouveau repas pour satisfaire les jeunes. Mais selon mon goût français il était toujours inacceptable. Mes camarades se réjouissaient à l’idée d’avoir deux baguettes de pain avec du « fromage » 2 fois par semaine ou de la pizza, de la viande ou des tacos.

Je me souviens aussi de l’année précédente, en 2010, où les Lundi, Mercredi et Vendredi étaient des jours de travail sans aucune activité. Alors que les Mardi et Jeudi étaient des jours avec 4 activités, deux le matin et deux le soir.

En conclusion, cette école est super, j’ai appris pleins de choses grâce aux professeurs et je suis très reconnaissant à l’équipe, aux élèves et à mes parents pour m’avoir permis de vivre cette expérience.

Bonus :

Avant que je parte, mon professeur de sciences, que j’avais eu pendant trois ans, à quitté l’école pour prendre sa retraite à l’autre bout du pays. Sa femme et lui avaient enseigné dans cette école pendant 7 ans. Pour leur départ, l’école avait organisé une fête avec des quantités incroyables de nourriture. Et évidemment, un gâteau avec une inscription dessus. Tout les élèves ont pu jouer dehors pendant que les adultes, parents, prof, anciens élèves et autres pouvaient célébrer ensemble cette fête.

C’était une après-midi formidable et elle était très émouvante pour mon prof et sa femme. J’ai eu moi aussi à une fête pour mon départ, mais avec évidemment une échelle réduite : seulement dans ma classe principale avec mes camarades que j’ai vu pendant 3 mois. C’était pour moi aussi émouvant et je compte bien leur rendre visite de nouveau.

Damien Lefebvre, le 30 janvier 2012.

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Suite de l’article de la newsletter N°33 – Blossom est une école Montessori pour enfants sourds, malentendants ou handicapés.

Observations faites en janvier 2012.

Il est 10h25

Carol, la directrice, m’accueille et m’introduit dans la classe des plus jeunes âgés entre 3 et 6 ans.

Il sont 10 enfants et deux enseignantes.

A première vue on est dans une classe montessori normale.

Les enseignantes parlent, les enfants aussi.

Une enseignante est assise sur le tapis, l’autre debout.

Les enfants vont et viennent dans la classe.

Ils viennent spontanément vers moi car certains me reconnaissent puisque je suis déjà venue visiter l’école.

Madeleine installe sont tapis près de moi. Elle va chercher le petit boulier et elle joue avec, puis elle va chercher un plateau avec du matériel d’écriture. L’enseignante vient lui dire qu’elle ne peut l’utiliser. Elle a interrompu sa leçon sur le tableau de 100 auprès d’un enfant pour dire cela à Madeleine.

J’entends un fond musical qui s’interrompt.

Les portes de la classe sont ouvertes, on entend les enfants et adultes qui passent dans le couloir.

Les deux enseignantes sont assises sur le sol maintenant. Une personne est entrée dans la classe et se dirige vers les enfants. Elle emmène une petite fille en dehors de la classe. L’un des enseignantes note sur un classeur.

L’autre est assise mais je n’entends pas sa voix. Pour cause puisqu’elle utilise les signes uniquement et je vois qu’elle est appareillée.

Une enseignante entre dans la classe avec une petite fille « Keila » qui s’accroupit à coté de moi immédiatement. Cette enseignante repart de la classe avec un garçon.

Je vois un enfant seul dans les toilettes, depuis où je me trouve assise par terre sur la moquette. Je constate donc qu’il n’y a pas de porte non plus pour les toilettes de la classe.

Les enfants sont très autonomes, actifs et gais.

Deux garçons s’installent dans un coin avec le matériel de poinçonnage.

Les enfants portent un tee-shirt au logo de l »école.

Il reste 20 minutes avant la récréation.

Deux enfants sont assis a la table de snack et mangent en discutant.

Keila vient me chercher pour que j’utilise avec elle un matériel de mathématiques avec des petits pingouins en plastique. Elle s’assoit avec moi. Elle va chercher les pingouins. Me tire par le bras et me montre la chaise pour que je m’y assois.

Une petite fille vient l’aider. Keila s’assoit sur le sol.

Elle met un pingouin dans sa bouche. La petite fille l’enlève et l’essuie dans son tee-shirt, seule de sa propre initiative.

L’enseignante aide Keila à ramasser les pingouins pour les mettre dans le panier, puis le ranger et le remettre sur l’étagère.

Elle l’encourage par des sourires, des phrases positives.

Elle l’emmène aux toilettes avant d’aller dehors.

L’enseignante assise finit une leçon pour compter les fruits en plastique avec une petite fille. Elle lui montre avec ses mains comment compter, la petite fille est un peu hésitante. Puis elle range et va chercher le cube du trinôme.

Le tonnerre tonne, l’enseignante regarde les prévisions météorologiques sur l’écran de son téléphone mobile. Tous les enfants sont autour d’elle.

Keila est de nouveau près de moi avec un tapis dans la main.

L’enseignante décide de ne pas aller dehors. Elle demande à tout le monde de ranger.

Elle éteind la lumière, elle demande aux enfants de remettre leur manteau dans le casier et de ranger les tapis, le matériel qui n’est pas à sa place.

Les enfants sont excités par la perspective de danser. L’autre enseignante est assise sur le sol. Un enfant vient me demander ce que je fais. Je lui répond que j’observe et prends des notes sur mon ipad.

Il y a un fond musical dans la classe. L’enseignante rallume la lumière. Une petite fille voulait encore utiliser du matériel mais on lui signe que ce n’est plus possible.

Ils vont danser dans la classe au lieu de sortir jouer dehors.

On pousse les deux petits bancs du centre de la pièce.

L’enseignante demande l’attention de tous et demande aux enfants de redire les règles de la danse.

Puis elle prépare le cd de musique. Les enfants dansent et sont très gais.

La suite de l’observation des classes d’autres niveaux dans notre prochaine Newsletter.

Murielle LEFEBVRE