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Education pour la vie, extraits de la lettre N°34 – Décembre 2011

Edito de Murielle Lefebvre

En ce début d’année, il est logique de se poser la question sur les perspectives de la pédagogie Montessori en 2012.

Alors que je visitais une charter school montessori aux USA, la directrice était toute fière de me montrer l’équipement de chacune des huit classes d’un beau tableau « Smart ». Je n’en avais jamais vu dans une classe.

Il s’agit de la version moderne du tableau noir. Interactif, en couleur et puissant, il permet un échange de savoirs et d’idées, nous en rêvions. Comment cet outil peut-il s’intégrer dans une classe alors que Maria Montessori n’a pas connu l’ordinateur de son vivant ?

Les outils d’aide à la formation vont être de plus en plus nombreux, nous ne pourrons plus lister exclusivement les outils sensoriels de Maria et Mario comme matériels pédagogiques pour les enfants. Ce serait les condamner a une préparation de leur vie d’adulte trop en décalage avec le monde réel.

Alors que faire ?

Un enfant de 3 ans est capable d’utiliser un iPad ou un iPhone, sans qu’on ait besoin de longuement lui en montrer l’utilisation. Notre futur métier d’éducateur sera un métier de trieur, sélectionneur d’outils et d’offres adaptées pour continuer à mettre à la disposition de l’enfant ce qui lui convient, le respecte lui apporte une stimulation positive pour son développement.

En quoi un tableau « Smart » peut il répondre a ces critères ?

Ce tableau est libre d’accès et d’utilisation dans la classe. Il est accroché au mur à la hauteur de l’enfant. Il est beau propre, ses feutres et son effaceur sont rangés sur le reposoir prévu a cet effet.

On peut utiliser des couleurs, on écrit avec un feutre ou avec ses doigts. Il est individuel mais deux enfants peuvent utiliser le tableau ensemble. On écrit, efface, agrandit, déplace ou fait pivoter les éléments sur le tableau.

Le tableau « Smart » permet un affichage au grand format, de ce qu’on écrit ou projette stimulant la vision et la créativité. Les applications pédagogiques développées pour cet outils sont nombreuses de la maternelle a l’université. Il existe aussi un modele horizontal qui transforme le tableau en une table.

Alors, l’offre-t’on aux enfants dans une ambiance Montessori en cette nouvelle année 2012 ?

Je vous laisse y réflêchir…

Cette nouvelle année sera un accomplissement symbolique dans notre avancée entamée depuis 15 ans dans la divulgation de la pédagogie montessori puisque nous sommes les premiers et les seuls a proposer des formations en France pour les 3 niveaux de 0 à 12 ans. C’est surtout grâce à une équipe d’intervenants professionnels, expérimentés et motivés, que je remercie chaleureusement.

2011 s’acheve sur la publication de notre premier livre électronique (Ebook) en langue anglaise :

http://montessorihomeschooling.net/

Merci de votre soutien et fidélité.

Belle année 2012 à chacun.

Cordialement, Murielle LEFEBVRE

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Compte-rendu d’une demi-journée au Forum de l’AIRAP, 22 octobre 2011, par Guillemette de LESTANVILLE

On peut schématiser à grands traits, de manière non exhaustive, les similarités et les différences entre une classe Montessori et une classe en « travail personnalisé et communautaire » :

Similarités

  • Le corps est considéré comme l’allié de l’esprit, et la main en particulier.
  • Liberté de mouvement pour aller chercher, utiliser et ranger le matériel.
  • Les périodes sensibles et les rythmes d’apprentissage respectés.
  • L’ordre du milieu, le silence notamment est considéré comme un élément essentiel du milieu où croît l’enfant.
  • Interdisciplinarité, même en secondaire.

Différences

  • Temps collectifs imposés : méthodologie, consignation des activités réalisées, échange sur la vie de la classe.
  • Programmation du travail annuelle, périodique, hebdomadaire.
  • Tout le matériel n’est pas auto correctif. Certains exercices sont à faire corriger par l’enseignant ou par un autre élève (plus fréquent en secondaire).

Il nous reste à dire un mot des programmations. A titre d’exemple, au Forum de l’AIRAP un enseignant présentait un outil informatique artisanal permettant aux enfants de suivre la progression de l’acquisition d’une notion, de la découverte à la maîtrise de celle-ci, et de s’auto évaluer. En effet, la programmation des activités est un outil organisationnel très développé dans la pédagogie du père Faure : l’enfant doit savoir où il va, ce qu’il a déjà fait et le chemin qui reste à parcourir ; ainsi il progresse à son rythme. En plus de programmations périodiques, des contrats ou plans de travail individuels sont également mis en place pour que les élèves se prennent en main. Ils s’y auto évaluent et en discutent avec l’enseignant, lequel lui indique si la notion est acquise, à approfondir, ou à reprendre en profondeur.

Quel est le rayonnement de cette pédagogie « personnalisée et communautaire » aujourd’hui ?
Au Forum de l’AIRAP, des échanges d’expérience étaient prévus sous forme d’ateliers : école maternelle, primaire, secondaire, enseignement supérieur. Si plusieurs écoles primaires ont adopté au moins partiellement ce fonctionnement (à Paris il n’est pas rare dans l’Enseignement Catholique sous contrat qu’un professeur des écoles travaille en « personnalisé »), il est intéressant de voir que la pédagogie personnalisée et communautaire se pratique jusqu’au niveau universitaire (il existe un collège de l’Est de la France qui fonctionne ainsi sans classe par exemple).

En conclusion, je dirais d’abord que l’ancrage initial de ce mouvement pédagogique est assez différent de celui de Maria Montessori, mais qu’il le rejoint ensuite fructueusement. Maria a observé les enfants et c’est à partir de cette observation que sa pensée s’est élaborée. Le père Faure a fait un peu l’inverse : il a d’abord cherché à répondre à des problématiques sociales puis scolaires ; à réfléchir sur le plan philosophique et spirituel à l’importance de la personne humaine. C’est en confrontant cette pensée à la pratique d’une disciple de Maria Montessori que son programme éducatif émergera. Ensuite il passera du temps dans les écoles à observer les enfants.
Ce que propose aujourd’hui l’AIRAP dans l’héritage du père Faure est un enseignement profondément respectueux du devenir de chaque enfant, de son fonctionnement, de sa vie spirituelle. En France, ce mouvement a finalement fait beaucoup pour que de nombreux élèves aient la chance d’apprendre par eux-mêmes, d’exercer leur capacité à choisir, de savoir s’engager, bref pour que les idées de Maria Montessori puissent faire germer des hommes et des femmes libres et créatifs.

Une autre chose me paraît importante, du point de vue de l’enseignant, c’est la capacité d’innovation pédagogique. En autorisant les enseignants à utiliser du matériel Montessori de manière non exclusive, le père Faure a rendu les enseignants chercheurs. Certes, le risque est de passer beaucoup (trop ?) de temps à inventer de nouveaux outils, de savoir moins bien utiliser le matériel Montessori lui-même, mais cette pratique ne contribue-t-elle pas à vivifier la pédagogie pour le bien des enfants? La question est ouverte.

29/11/2011, Guillemette de LESTANVILLE