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Education pour la vie, extraits de la lettre N°30 – Août 2011

Edito de Murielle Lefebvre

L’été indien se profile. Il est temps de faire le bilan de la saison.

A Paris, 21 personnes sont venues pour se former et perfectionner sur le niveau 3-6 ans; à Montréal, 7 personnes pour le niveau 6-12 ans. Murielle a suivi un perfectionnement sur les Mathématiques niveau 6-12 ans avec des éducateurs européens que nous irons rencontrer en 2012.

Nous avons eu le plaisir de rencontrer de nombreuses personnes motivées par la connaissance et la pratique de la pédagogie Montessori. Merci à toutes ces personnalités de nous avoir permis ces échanges.

L’équipe de formateurs parmi lesquels Bernadette, Bruno, Isabelle et Murielle et Véronique a été, comme l’an passé, à la hauteur des attentes des stagiaires.

Vos bilans écrits nous le prouvent et nous vous adressons en retour un large et sincère remerciement.

Nous sommes allés jusqu’au Québec pour rencontrer de nouvelles directrices et éducatrices d’écoles Montessori. Il y a du travail, cette pédagogie doit s’étendre et s’ouvrir à un nombre plus grands d’enfants.

C’est pour cela que notre année 2012 sera encore riche en projets et nouveautés  :

  • Un nouveau site dédié aux formations et conférences organisées par notre association.
  • La version électronique américaine du livre «365 jours d’école à la maison».

A bientôt à tous

Cordialement, Murielle LEFEBVRE

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Un article sur la pédagogie Montessori dans BioContact !

BioContact est un magazine mensuel consacré à tout ce qui est « bio ». Il est diffusé largement (presque 250 000 exemplaires pour le tout dernier numéro) et distribué gratuitement dans les boutiques dédiées aux produits bio. Le numéro 216 est consacré au thème de l’éducation… Et nous y avons contribué avec un article consacré à la pédagogie Montessori, évidemment !

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Article de Bernadette Moussy, intervenante lors de la formation à Paris

S’approprier une méthode

Dernièrement, j’ai rencontré un groupe de jeunes femmes en train de terminer 4 semaines de stage d’initiation à la méthode Montessori. Elles venaient de manipuler et découvrir le matériel fascinant inventé par la grande pédagogue.

Le développement sensoriel, les activités de la vie quotidienne, l’apprentissage du calcul, la découverte du langage, avaient fait l’objet du programme qui venait de se dérouler.

Mon propos en tant qu’intervenante, était d’ouvrir à une notion de la pédagogie plus étendue. Elles avaient abordé durant presque 4 semaines une unique méthode et sa mise en pratique. Je désirais qu’elles découvrent d’autres pédagogues, afin de situer Maria Montessori dans un ensemble plus large et relativiser ce qu’elles avaient appris.

S’initier à une méthode demande de comprendre l’idée du créateur, de se l’approprier, de se mettre en projet pour la réaliser. C’est un véritable travail intérieur, avec des tensions, des déséquilibres, des questionnements, des étonnements…et évidement d’heureuses découvertes.

Une prise de recul me paraissait appropriée.

Une remontée dans le temps, vers les idées basiques des méthodes actives, en particulier celles de J.A. Comenius,1 et  Jean Jacques Rousseau,  la référence à d’autres pédagogues plus contemporains de M. Montessori nous a amenées à faire des réflexions plus larges sur la  pédagogie. Mais aussi, nous avons abordé l’éducation de maintenant, pour nous-mêmes, avec nos questionnements, nos convictions, nos références…

Entre deux façons de faire

Durant cet échange, l’une d’elles  a posé une question de fond. Quel est le plus important : partir de l’enfant, de son intérêt, de sa démarche pour positionner sa pédagogie, ou bien commencer par lui montrer ce qu’il doit savoir ? Parions-nous sur l’enfant et ses compétences et ses connaissances innées ou préférons-nous éviter qu’il ne se trompe, ne tâtonne pour rien, alors que nous avons tant à lui enseigner ? Par exemple : devons nous lui montrer la bonne manipulation d’un instrument de musique ou le laissons-nous nous casser les oreilles, à faire n’importe quoi, mais en explorant, en s’appropriant, quitte ensuite à lui proposer une façon de faire plus rentable et harmonieuse ?

Ces dames, dans un premier temps et d’un seul élan, imprégnées des idées de M. Montessori sur le respect de l’enfant et ses qualités innées, m’ont parues opter pour la première attitude.

A ce moment, j’ai ressenti que ce balancement qui nous faisait réfléchir et avancer, était en train de se bloquer autour d’un choix qui, non seulement orientait l’attitude vers une seule perspective, mais excluait tous ceux qui ne la choisissaient pas. Alors qu’une des problématiques essentielles de l’éducation est là.

Comme si les « bons » pédagogues, forts de leurs arguments, se mettaient en priorité du coté de l’enfant, les autres du coté de l’enseignement. Nous savons bien que certains savoirs ne peuvent se découvrir sans initiation. Même Jean Jacques Rousseau le « champion » de la découverte de la connaissance par soi-même, dans son troisième livre, introduit son élève auprès des anciens penseurs.

Mais il y a tout ce que  les enfants, guidés par leur « ordre intérieur », pour reprendre un concept montessorien, apprennent seuls et disent : « oui, je sais » !
Alors là, dommage de leur voler la découverte !

Aussi, lorsque l’on est convaincu de la bonne raison de son choix on a du mal à oublier que d’autres ont aussi une conception de la situation qui se justifie. C’est en l’occurrence pour eux, le besoin de transmettre qui est existentiel. Celui qui est porté par le désir de pérennité.
Il y a une troisième voie où on se laissait guider par la situation éducative, qui elle-même orienterait l’attitude à avoir. L’éducation n’est-elle pas surtout une discipline pragmatique ?
Mais pour savoir interpréter cette situation, il est nécessaire de mettre de coté, sans forcément les oublier,  « ses bonnes idées », ses adhésions, ses explications…pour laisser place à la compréhension, d’un ensemble de données qui la composent : l’enfant, le contexte, le projet d’éduquer, soi-même, son ressenti, sa recherche…Je parlerai ici de sympathie pour…

L’appropriation d’une méthode fait partie de la maturation d’un éducateur, elle enrichit ses façons de voir, peut le rendre plus compétent. Mais cela lui demande aussi de savoir relativiser son apprentissage. Car celui-ci prend toute sa valeur au moment de sa réalisation, parce que celui qui la met en pratique s’en sert surtout comme d’un outil au service de l’éducation, et pour cela s’en libère et alors se rend disponible pour d’autant mieux s’adapter.