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Education pour la vie, extraits de la lettre N°18 – Mars 2010

Edito de Murielle LEFEBVRE

Un groupe d’une quinzaine de  personnes se posant la question « Comment bâtir un monde de paix ? » en commençant par soi-même au sein de sa famille a écouté la conférence préparée par Bruno Moryas sur ce sujet, si crucial, que nous devrions chacun y réfléchir et nous y impliquer.

Les pistes données par Bruno vont nous aider à agir maintenant que nous connaissons plus grandement Socrate et les Amérindiens.

Certaines personnes ont enchaîné  sur la 2ème conférence et d’autres se sont jointes au groupe pour des questions concrètes posées sur ce thème de l’instruction en famille.

Vous êtes de plus en plus nombreux à venir à nos conférences traitant de sujets sur l’éducation, l’enfant en général. C’est pourquoi nous avons décidé d’élargir encore nos thèmes de conférences pour l’an prochain.

Nos anciens thèmes seront toujours proposés tant que vous nous les réclamerez. Notre souci n’est pas de remplir les salles mais d’entreprendre ensemble un dialogue sur l’éducation de nos enfants.

  •       Comment créer et gérer une école ?
  •       L’IEF et la pédagogie Montessori
  •       La paix
  •       Quel éducateur sommeille en nous ?

Les nouveautés 2011 répondront, nous l’espérons à vos attentes et questions

  •       Montessori et le handicap
  •       Cerveau rose, cerveau bleu, éduquer les garçons en 2010

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Article de Bernadette Moussy : Une journée sur « l’éducateur qui sommeille en nous »

A la mi avril de cette année 2010, un petit groupe de mamans et d’éducatrices s’est réuni dans le cadre de la formation organisée par l’Association Montessori en France.

Le sujet de la rencontre traitait donc de la présence « d’un éducateur qui sommeillerait en nous ». Intéressées par ce titre chacune est donc arrivée, curieuse de le réveiller, de le rencontrer, de l’amener à sa conscience.

Attardons nous un peu sur le titre.

Quel serait cet éducateur que nous aurions enfoui en nous même ? Comme si nous l’avions construit en cachette, non seulement des autres mais de nous même ? Pourtant un désir d’éduquer, de transmettre, d’aider l’autre à grandir, à s’instruire, à s’introduire dans le monde, nous habite. D’où vient-il ? Ecoutons Socrate : « La nature mortelle cherche toujours, autant qu’elle le peut, la perpétuité et l’immortalité » 1 . Cette dynamique de vie, ce désir de pérennité nous amène à élaborer des attitudes, des principes, des intentions, vis-à-vis de l’enfant.

Les exprime t-on systématiquement ? Une retenue nous empêcherait-elle  de nous écouter ? On peut imaginer plusieurs réponses.

Le poids du regard extérieur. Par exemple, nous voulons laisser une certaine liberté à un enfant et la famille ou les autres adultes nous critiquent. Nous connaissons nos limites, nous savons ce que nous pouvons faire ou pas, mais le contexte ne permet pas quelquefois de façon implicite, et quelque peu insidieuse, que nous nous écoutions. Si nous travaillons dans une institution, les horaires, les habitudes entretenues pas les anciens, les arguments pédagogiques, peuvent nous donner envie d’enfouir nos élans éducatifs. Nous avons à nous ajuster parfois à des données qui n’ont rien à voir avec l’éducation mais qui la rendent impossible. Alors nous nous taisons et nous espérons le moment où nous pourrons utiliser notre démarche.

Quelque fois, nous nous imaginons que c’est mieux « d’écouter » un enfant quand nous le voyons souffrir. C’est alors que des habitudes éducatives nous sont rappelées quelque fois avec véhémence. L’expérience, les principes, les références trouvées dans des lectures servent d’argument et nous perdons confiance.

Et nous même ? Ne serions nous pas quelquefois notre propre censeur ? Nos peurs de ne pas dominer la situation, de ne pas savoir la gérer, d’être dépassés par nos comportements spontanés que nous ne dominons pas, nous empêchent de mettre en place un projet. Nous réfrénons notre envie de réponde librement à une demande de l’enfant.

Notre propre expérience « d’éduqué », notre passé d’enfant, nous empêchent de suivre certaines attitudes éducatives qui ne sont pas mauvaise en elles- même mais qui nous rappellent de mauvais souvenirs. Alors nous réagissons en faisant le contraire, nous laissons de coté le besoin réel de l’enfant qui est là !

Mais, ce qui sommeille en nous, se repose, se restructure, et quelque fois au bout d’un certain temps, nous sommes amenés à réveiller ce que nous avions mis en sommeil. Une rencontre nous redonne confiance.

Ce fut l’intérêt de cette journée. C’est-à-dire un partage d’observations, d’interrogations, d’ambivalences, et d’expériences quelque fois très personnelles, ceci, avec beaucoup de générosité, de sincérité et de vérité. Par ailleurs la qualité de l’écoute des unes et des autres a permis à chacune justement, de faire un certain travail d’éveil de cet éducateur endormi en soi même. Un certain retour sur soi, par l’intermédiaire de réveil de souvenirs, a permis de se remettre en projet.

Chacune est repartie avec une ou plusieurs intentions à valoriser dans son quotidien de mère de famille ou d’éducatrice en institution.

Si je reprends des réflexions exprimées durant cette journée : les enfants ne seraient-ils pas les meilleurs « éveilleurs » de l’éducateur ? Ils nous donnent la possibilité de réfléchir sur soi, de se connaître et se respecter. Comme dans le conte « la belle au bois dormant », ils vont nous chercher dans nos retranchements, ils réveillent en nous le créateur-éducateur à la recherche de la réponse unique. Le dialogue s’instaure, l’éducation est là…

1 Dialogue entre Diotine et Socrate dans « Le Banquet » de Platon

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Des nouvelles de Sophie DOUINEAU en direct de Madagascar qui après s’être formée aux techniques de fabrication de matériels pédagogiques au sein de notre association nous envoie quelques nouvelles :

Me voici à Madagascar depuis bientôt 3 semaines et je n’ai pas  donné beaucoup de nouvelles.

Voyage sans histoire 40 kg de bagages . Repos chez mon frère Axel et départ pour l’école des ´enfants de la rue ´ avec une amie. Les ruelles étant peu sûres, nous avons marché vite en évitant soigneusement les égouts qui débordent çà et là L ‘école elle-même est dans un état lamentable ; ce sont des baraques de bois, sans aucune fenêtre, sans électricité évidemment où sont entassés des dizaines d’enfants misérables, 83 enfants de maternelle et CP  dans 20m≤ maxi par exemple. Nous sommes sorties accablées. Certes le 1er objectif de l’association (retirer ces enfants de la rue) est  atteint, mais tout reste à faire.

Puis visite dans un collège de brousse au nord de Tana. Piste impraticable sauf en 4X4. Tous les enseignants m’attendaient, presque au garde-à-vous. De la maternelle au collège, leurs demandes étaient multiples, intéressantes, mais impossibles à satisfaire en 15 jours. Je suis repartie pleine d’énergie et de projets ! Nous allons travailler ensemble du 31 mai au 14 juin
Du 28 avril au 14 mai, j’ai retrouvé l’école de Sainte-Marie telle qu’en elle-même : la saison des pluies vient de se terminer et nous avons enchainé sur la saison pluvieuse. Il ne fait plus que 31 à 33 degrés et il pleut violemment pendant 1/4 d’heure 10 fois par jour. Entretemps le soleil brille. Comme d’habitude les coupures d’électricité sont légion, mais la lecture à la bougie a son charme. Les enseignantes ont bien progressé et vont être autonomes l’an prochain.

Aujourd’hui je commence véritablement à travailler pour les enfants des rues.  Un membre de l’association, David, malgache, étudiant en marketing, a commencé à bosser avec moi ce matin. C’est lui qui m’accompagnera dans les quartiers chauds : il pense qu’il n’y a aucun danger parce qu il parle la langue et qu’il connait les codes. Il m’a même assuré que nous serions très protégés par les familles des enfants. En tout cas il a un bon contact avec tout le monde et il rigole facilement. Donc pas de souci.

Merci aussi aux enseignants qui m’ont accueillie à Chambon, à Colette et ses mille idées et pistes à explorer, à Murielle, Cindy et aux copines du stage de fabrication de matériel Montessori  : grâce à vous et à votre énergie j’ai fabriqué les lettres rugueuses, l’escalier marron, les barres rouges, quelques puzzles, des barrettes de perles en bois que j’ai (mal) teintées à l ‘encre, j’ai peint  des cartons de 7 couleurs en dégradé. Evidemment les enseignants du collège de brousse ne m’ont demandé qu’un seul puzzle, celui de l’Europe, et c’est la seule carte que je n’avais pas achetée à Cindy! Heureusement qu’on trouve tout sur Internet, même si ça ne fonctionne pas tous les jours.

Sophie