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Education pour la vie, extraits de la lettre N°14 – Novembre 2009

Editorial par Alain Lefebvre, webmaster de montessori.fr

Notre fils, vient de passer un mois et demi dans une « middle school » Montessori en Floride (dans le cadre d’un programme d’échange, c’est à notre tour d’accueillir un jeune américain qui va rester un mois avec nous et aller au collège en France). Je suis allé le chercher et j’ai passé moi aussi deux semaines en Floride. Ce n’était pas tout à fait des vacances (un peu quand même…) puisque ma femme m’avait confié une mission : réaliser des séances d’observations au sein de la middle school afin de pouvoir décrire le contexte d’une « middle school » Montessori aux USA (il n’y a pas vraiment d’équivalent en France). C’est l’objet principal de cette édition de notre newsletter « éducation pour la vie ».

Quelques informations de base sur l’école étudiée qui est une Charter school (école ayant signé une charte avec l’état de Floride)

– date de création de la Charter School : août 2001

– date de création du niveau collège (middle school)  : août 2005

– nb d’enfants dans la middle school : 130 (sur 407 au total allant de 5 ans à 13 ans)

– nb d’enseignants : 10 pour le collège et 10 additionnels (pour les « specials » et partagés avec les niveaux plus jeunes).

– le coût pour les parents (par mois) : gratuit car c’est une « public charter school » , l’état de Floride couvre les frais de fonctionnement de l’école en contrepartie du respect de quelques procédures standards.

– utilisation de l’informatique au sein du collège : une centaine de PC sous Windows sont disponibles en libre-service pour les élèves (l’école utilise plusieurs programmes spécifiques qui imposent l’utilisation d’un PC, d’où cet équipement très fourni). Cette centaine est répartie dans 5 classes.

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Interview de Dr Paul Cazja, Ph D.

Paul Cazja est un grand expert de la pédagogie Montessori, puisqu’il a travaillé, entre autre, avec la personne qui a créé l’AMS, qui est l’American Montessori Society, la plus grosse association Montessori des USA.

Question posée : Si on lit ce que Maria montessori a écrit pour le niveau « middle school » les enfants devraient cultiver les fruits et légumes, fabriquer des objets, élever des animaux et gérer leur propre petite entreprise de vente de leurs récoltes. Qu’en pensez-vous ?

Suite à cette question, il m’explique que les enfants de la middle school ne sont pas dans une période sensible  d’apprentissage de nouveaux savoirs (academics) mais plutôt dans une période de « break » c’est pourquoi Maria Montessori recommandait des activités concrètes pour les adolescents comme l’agriculture ou l’artisanat.

Cette contradiction apparente est résolue par les « specials » ou les « studios » (un ensemble de matières optionnelles) qui permettent un mixte bienvenu à côté des obligations du plan contractuel.

Pour les élèves qui viennent d’une école traditionnelle (non Montessori), le processus d’intégration est court et Dr Paul appelle cela « normalisation ». Car c’est la voie normale pour une enfant d’être indépendant dans ses processus d’apprentissage alors que dans les environnements traditionnels, l’élève se retrouve dépendant du professeur, dépendant du programme et ainsi de suite.

Lorsqu’il est placé dans un environnement d’apprentissage adapté, il met peu de temps à agir naturellement car les enfants s’adaptent vite.

Pendant mes échanges avec Dr Paul, il utilise une analogie vraiment intéressante sur ce phénomène et sur le vrai rôle de l’éducateur : c’est le comportement du fermier avec sa graine.

Tout est déjà présent dans la graine mais on ne le voit pas, ce potentiel est caché par l’enveloppe de la graine mais même caché, le potentiel est bien là. On peut s’en apercevoir quand on met cette graine dans l’environnement adéquat (sol, humidité, soleil) : la graine se met à pousser, la plante se développe de l’intérieur.

Ce n’est pas le fermier qui fait le travail, il se contente de mettre en place les conditions et de surveiller ensuite que ces conditions restent favorables au développement de la plante mais il n’a pas besoin d’intervenir au-delà : c’est la graine puis la plante qui fait tout le travail effectif. C’est ainsi que le rôle de l’éducateur doit être compris dans un contexte montessorien : accompagner, guider et permettre aux enfants de révéler leur potentiel… Il est là, ils ont juste besoin qu’on les place dans le contexte qui va déclencher chez eux tous les mécanismes qui attendent juste de pouvoir entrer en action.

La suite le mois prochain avec « une journée dans la middle school » illustrée avec de nombreuses photos…

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L’odorat et l’éducation par Bernadette Moussy

J’ai eu le plaisir il y a quelque temps de recevoir en cadeau un coffret d’huiles essentielles et végétales. C’est ainsi que j’ai décidé d’apporter ici quelques réflexions sur l’importance de l’odorat dans notre vie ainsi que dans l’éducation.

Un sens délaissé

Contrairement à la vue et à l’audition, l’odorat, ce sens subtil et complexe a été délaissé dans nos habitudes éducatives et même dans notre vie perceptive. Est-ce par ce que c’est un sens moins connu sur le plan physiologique? Est-ce parce qu’il entre en jeu dans la vie sexuelle et qu’il fait l’objet d’une certaine pudeur ? Est ce parce que les supports des odeurs et des parfums ont des composantes difficilement cernables par la science ? Dans la vie actuelle si ce sens est reconnu dans le monde des parfums d’attirance il ne fait pas beaucoup l’objet d’évocations partagées avec les enfants ou même entre adultes.

J’imagine que ce manque de reconnaissance: culturelle et scientifique est à l’origine de cette méconnaissance. De plus les heures passées devant la TV. par beaucoup, incitent à ne pas prendre l’odorat en considération. L’image et le son captent toute l’énergie. Par contre si l’odorat est sollicité par l’image c’est bien souvent brutalement, provoquant la répulsion, contre laquelle nous ne pouvons pas nous défendre.

L’odorat et l’intuition

Pourtant l’odorat, en plus de l’accompagnant du goût dans notre alimentation ou une connaissance sensorielle plus générale, a de multiples dimensions. Nous disons « elle a du nez »  pour une personne qui sait « flairer » une bonne ou mauvais situation. Ne disons nous pas « ça sent  mauvais » pour parler d’une situation louche ! Alors l’odorat ne fait-il pas aussi partie de la sphère de l’intuition ?  Cette autre partie de nous même que nous ne dominons pas bien parce que pas vraiment  intellectuelle, mais qui est là et qui nous est bien utile lorsque nous la prenons en considération.

Le mot parfum vient du Latin purfum, qui veut dire « à travers la fumée ». Nous ne sommes pas  dans un domaine exact. Composés de molécules, les odeurs ou les parfums varient suivant le moment de la journée, de la température de l’air et de son humidité, du soleil, du support… Une odeur peut être constituée par des centaines de molécules. Une seule molécule modifie une odeur. Les odeurs virent, elles changent, elles sont difficilement saisissables.

L’odorat et ses contradictions

C’est un sens qui se situe entre le discernement subtil et précis et ce que l’on ne peut pas vraiment atteindre. Nous voudrions définir le parfum d’une rose mais il peut être à la fois entêtant et indéfinissable. Les parfums ont des aspects contradictoires, car s’ils sont fugitifs,  en même temps ils furent employés il y a des millénaires par les Egyptiens pour conserver les morts. De plus qu’il y a-t-il de plus insistant qu’une odeur qui vous imprègne et dont on ne peut se débarrasser ? Nous sommes dans le monde des odeurs, entre l’attirance et la répulsion. Certains parfums nous enchantent d’autres nous dégoutent. Nous sommes dans les extrêmes.

Qu’en est-il de l’odorat et quelle pourrait être sa place dans nos attitudes éducatives ?

Certains disent que l’odorat est le premier sens à se déclencher à la naissance, dans la mesure où il guide l’enfant vers le sein de sa mère. Sens de la survie, il est en même temps celui de la première relation. Il est aussi le sens de la vie subjective pour reprendre un argument de Condillac.

L’alimentation

Très lié à l’alimentation il est celui qui donne envie de gouter et enrichit notablement les sensations gustatives. Il donne aussi l’impression de satiété, celle qui nous guide dans le choix des aliments et de leur quantité. Pense t-on à faire sentir aux enfants ce qu’ils vont manger ?

A partager avec eux la bonne odeur du plat qui arrive ?

L’odorat entre en jeu dans le désir de se nourrir.  Il nous emmène où…notre gourmandise nous appelle.

La précision de l’image mentale

Une très grande richesse de vocabulaire nous permet d’identifier une odeur.

Ayant organisé des stages sur la place de l’odorat dans notre vie,  je peux témoigner de la diversité et de la précision des images qui viennent à l’esprit à partir d’un parfum ou d’une odeur.

Nos souvenirs s’ancrent  dans l’odorat. Si nous repensons par exemple « à l’école » ne nous revient-il pas l’odeur de nos livres, du papier, des crayons de mine, de la fameuse colle qui a été goutée par plus d’un…et pour les plus anciens l’odeur de la cire des tables en bois…

Le sens de l’affectif

Comme nous l’avons vu plus haut c’est le sens du relationnel dont le centre se situe dans le système limbique du cerveau où nous gérons une bonne partie de notre affectivité.

Par exemple, si nous nous souvenons d’une saison, comme l’évoque cette image, quelles odeurs nous reviennent-elles ? Se rappeler une odeur nous transporte dans le contexte dans lequel elle s’est ancrée dans notre mémoire. En l’occurrence, il nous revient l’odeur de la terre mouillée, des feuilles qui pourrissent, mais aussi du vent léger ou fort, du bruit de nos pas, de la température…et  la présence ou bien le souvenir de la personne avec qui nous partagions ces moments. Car non seulement ce sens  éveille d’autres sens comme le toucher, la vue, l’audition, mais dans la mesure où ils ont été vécus en compagnie de quelqu’un, nos souvenirs  nous touchent également sur le plan émotionnel.

Échanger avec les enfants sur les odeurs, se souvenir avec eux de moments parfumés, non seulement accroit  leur vocabulaire mais éveille et enrichit leurs émotions, leur sentiments.

Que de richesse avons-nous dans notre mémoire grâce à l’odorat !

La spiritualité

On peut ne cerner un parfum que très difficilement, il se modifie dans le temps. Il se modifie suivant la chaleur, l’humidité, en fonction de son support. Il est très « relatif » à l’environnement. Il ne fait pas partie de la sphère des certitudes. Lié à la respiration, à l’air, son caractère diffus le situe dans la sphère de l’insaisissable et même  de la spiritualité. C’est ainsi que les parfums font partie de certains rites religieux.

Une de mes nièces, jeune maman, faisait sentir intuitivement à sa petite fille de quelques mois, des parfums de fleurs ou de plantes, suivant les circonstances, son envie…apparemment sans but précis. J’ai trouvé ce geste rare et précieux. Elle partageait  avec  son enfant un élément de son environnement qui ne se voit pas mais qui est pourtant là.  N’est ce pas là une sorte d’introduction de l’enfant non seulement à l’abstraction mais à une certaine vie spirituelle où l’invisible est lié à la relation avec l’autre?

La perte de l’odorat

Par contre les personnes qui soufrent d’anosmie (perte de l’odorat) se trouvent bien seules et désarmées et ceux qui les soignent ne savent que faire. Dans 85 % des cas, la perte totale de l’olfaction s’accompagne d’une perte du goût. Une diminution de la libido et, parfois même, un état dépressif, et la difficulté à cuisiner peuvent faire le quotidien de celui qui est privé d’odorat.

Par ailleurs l’aromathérapie a donné ses titres de noblesse à l’odorat. Cette forme de soin est réservée à des situations particulières et cela demande une connaissance précise.

A propos : comment vous sentez vous ?

Petite bibliographie :

« Les cinq sens » de Michel Serres.

« Les pouvoirs de l’odeur » et « Le parfum » de A. Le Guerer

Les sites :

http://www.silapedagogie.fr/page66.html

http://www.osmoz.fr/Encyclopedia

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Approches sociocognitives du développement des enfants porteurs de trisomie 21 (down Syndrome) avec l’aide de la pédagogie Montessori par Bruno Moryas

Une formation d’initiation à la pédagogie Montessori a été mise en place par l’AMIS et Bruno Moryas, à la demande de l’association Trisomie 21 Aude du 28 au 30 janvier à Carcassonne, au Conseil Général de l’Aude.

L’association Trisomie 21 Aude, sous l’impulsion de Marie Claude Wendling et de Fabienne Coppens ont réuni 16 stagiaires de milieux variés : 8 mamans et 8 professionnelles de l’enfance : crèche, psychomotriciennes, kinésithérapeute, orthophoniste.

Une première en France pour notre association Montessori de Savoie car l’attente des mamans et aussi des professionnels sur la méthode Montessori était forte : En effet, Maria Montessori n’a t-elle pas mise en place sa méthode initialement pour les enfants en difficulté d’apprentissage ?

La demande du groupe portait surtout sur le travail avec des activités Montessori à la maison pour les mamans. En effet, elles ont pour projet de mettre en place une ludothèque éducative avec notamment du matériel Montessori pour l’association afin que les parents puissent emprunter du matériel, échanger leurs expériences, et partager les richesses et les joies de l’apprentissage avec les enfants.

Les professionnelles de la petite enfance dont certaines travaillent avec des enfants trisomiques, attendaient également un complément d’information sur les activités sociocognitives et sensorimotrices de la pédagogie Montessori.

La formation s’est donc articulée autour de deux axes : d’une part la théorie de l’enfant d’autre part un choix d’exercices dans les 4 piliers de la pédagogie Montessori : Vie Pratique, Matériel Sensoriel, Langage et Mathématiques.

Une attention particulière a été mise sur diverses possibilités de travailler avec des enfants trisomiques.

On avait 2 populations d’enfants :

Ceux qui sont encore à la maison et dont les mamans souhaitaient trouver différents moyens de stimulations sensorielles et des idées d’activités.

Ceux qui sont scolarisés bénéficient d’une auxiliaire de vie scolaire. Mais les méthodes classiques travaillent trop rapidement avec les enfants et ne prennent pas vraiment en compte les spécificités des enfants qui ont des difficultés d’apprentissage. Les mamans sont donc demandeuses d’exercices simples pour développer la capacité lexicale orale de l’enfant voire écrit et en stimulant également une logique mathématique. Par exemple pour le langage, les processus d’apprentissage des associations mot–objet ne sont pas déficitaires chez les personnes avec trisomie 21. Donc la méthode Montessori peut être profitable aux enfants T21. Il faut beaucoup de patience, mais c’est aussi le rythme naturel de l’enfant et sa lenteur qui sont à respecter, quel que soit l’enfant.

La méthode Montessori en remettant l’enfant comme acteur de son apprentissage, tient compte du rythme naturel lent de l’enfant, de ses périodes sensibles où son système sensorimoteur est tout entier tendu vers l’acquisition d’une caractéristique de son espèce.

Par la richesse et la transversalité des professions il y a eu une belle synergie, beaucoup d’écoute et de partage durant ces 3 journées.

Une formation qui a donc bien démarré, un espoir pour des mamans qui sont formidables et comme l’enthousiasme est au rendez-vous, nous vous tiendrons au courant des prochains développement.