Comme chaque été, nous avons la possibilité d’observer des lavandes dans les jardins publics, privés ou dans les champs. Une variété de lavandes différentes s’offre à nos yeux et aussi à nos nez tant l’huile essentielle contenu dans ces plantes est forte.
Nous aurons du mal à les différencier par leur odeur, car le nez humain n’est pas stimulé tout au long de notre vie, surtout par des plantes (plutôt par des odeurs alimentaires comme celle du chocolat chaud par exemple). Mais les différencier par leur fleurs n’est pas si aisé que cela.
Tout d’abord, il faut considérer les cultivars des plantes naturelles. En effet la lavande a été très très manipulée pour donner des espèces commerciales qui ont, pour nos scientifiques, tous les avantages. Ce que vous trouverez donc dans les jardins est de plus en plus éloigné de ce que vous trouverez dans les prairies et montagnes.
Comment différencier les lavandes sauvages ?
J’utilise la méthode de l’observation sur place, de l’observation sur échantillon frais prélevé, sur l’étude des livres de références (de spécialistés et pas forcément scientifiques universitaires) et en dernier ressort j’utilise les résultats de mes recherches sur le net. Cette année j’ajoute l’outil IA comme soutien et support d’une part et l’échange avec des personnes de terrain (souvent des personnes d’un certain âge qui remontent des informations de plusieurs générations et des soignants, comme mon amie Florence infirmière en retraite).
Avec « le livre des bonnes herbes » de Pierre Lieutaghi, un des très grands botanistes français, j’ai proposé le descriptif qu’il fait de 3 espèces de lavande et j’ai demandé à l’outil IA de dessiner ces espèces. Comme toujours, celui-ci ne peut s’empêcher de faire une interprétation et une reformulation du texte. Parfois c’est bienvenu, parfois ça ne l’est pas.
Les dessins, c’est bien mais souvent trop simplifiés. Car en effet comment faire apparaître les 3 dimensions d’une tige, d’une fleur ? Seul l’observation de terrain, le peut. Ou alors il faudrait des dessins sophistiqués en fausses trois dimensions.
Les photos ne sont pas suffisantes non plus, pour l’aspect 3D comme pour le reste. J’ai testé les photos comparatives (de cultivars hélas car je n’ai rien d’autre dans ma région) qui aident mais amènent à des questions également, comme ci-dessous, où on ne peut différencier les espèces que par l’inflorescence.
En poussant un peu l’outil IA, on obtient toujours quelque chose mais ce n’est pas forcément exploitable, comme ici, sur les feuilles. La comparaison à l’air claire, cependant, croyez-moi, quand on a l’oeil dans la loupe botanique, on hésite !
En conclusion, je dirais que l’outil IA peut amener des informations, mais en l’occurrence, je l’utiliserais plus comme un outil de synthèse et de mise en page des informations de terrain que je glane moi-même.
Et vous, comment l’utilisez-vous en botanique ? Avec les enfants ?



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