Le modèle n’est plus le même. Auparavant c’étaient des directeurs formés en éducation qui créaient et dirigeaient des écoles privées Montessori (dans le sens strict du terme et non pas économique) : des éducateurs de jeunes enfants, des enseignants en disponibilité de l’Education Nationale, des étudiants en Education, des infirmières… Aujourd’hui, ce sont des jeunes formés en écoles de commerce. Diriger une école, une boulangerie ou toute autre chose, peu importe.
Et comme le secteur du social n’a pas, normalement, vocation à faire des profits financiers, il faut, pour exister, avoir plusieurs établissements, aller chercher des fonds d’investissements, installer un nouveau modèle.
Nous avons parlé récemment du secteur des crèches qui a été créé de toute pièce par des petits malins qui sont allés chercher de l’argent public pour empocher des millions et finalement abandonner les uns et les autres (bébés et leurs cellules familiales, salariés, locaux) à leur sort, laissant un déficit et un secteur en pagaille (par exemple, Babilou a généré 512 milions d’€ de dettes reprises par la société ANTIN, qui attend patiemment de revendre). Le nerf de la guerre dans le secteur social français (car c’est de cela qu’il s’agit) est avant tout financier.
Revenons aux écoles Montessori (en métropole ou ailleurs) de modèle éducatif (les anciennes donc) qui subissent de plein fouet le nouveau modèle -style école de commerce-, et sont balayées par un grand coup de pied donné dans une fourmilière. Les conséquences sont doubles : affaissement des compétences éducatives (les modèles mis en place sont entreprenariaux et automatisés), disparition des écoles existantes qui semblent out of process.
C’est une nouvelle page qui se tourne et une autre est en train d’être écrite.
Quelles seront les écoles montessori françaises de demain ?
L’Education Nationale française n’en a pas voulu, cela fait 30 ans que nous observons leur rigidité, leur rejet et désormais des moqueries de bas étage sont relayées sur les réseaux sociaux.
La branche française d’une association internationale Montessori s’est gavée, elle aussi, de millions d’euros de revenus sur le dos des uns et des autres pour mettre in fine en quasi faillite un ensemble d’écoles montessori privées, très fragiles car jamais soutenues.
Une autre association, qui sous couvert, d’utilité publique, prétend aider à créer des écoles hors contrat, a fait elle aussi la une avec des journaux. Alors qu’elle perçoit des dons à hauteur de plusieurs millions d’€ de naïfs rêveurs (dons qui servent en réalité à rémunérer la créatrice, ses avocats, ses petites mains apprentis marketing…).
La France aurait pu prendre un virage pédagogique réel, avec Montessori et une autre pédagogie solide (elles sont peu nombreuses), elle n’en a rien fait. Il n’existe aucun collège-lycée montessori en France, alors que nos voisins les Néerlandais en compteraient 6 rien qu’à Amsterdam (pour 0 à Paris).
- Montessori Lyceum Amsterdam
- Metis Montessori Lyceum
- Montessori Lyceum Oostpoort
- IVKO (arts, Montessori)
- Cosmicus Montessori Lyceum
- Amstellyceum
Adieu veaux, vaches, cochons, couvée.
Notre pays a laissé mourir des structures de coeur et d’esprit et elle laisse partir des professionnels compétents désabusés et empêchés d’agir vers d’autres horizons, alors qu’on sait combien nos enfants vont mal et ont besoin d’adultes debouts, solides et travaillant en équipe dans la même direction.
Pourtant, il suffirait de le vouloir.

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