
Nous, andragogues (voir post à ce sujet ICI), sommes questionnés de plus en plus sur la « théorie polyvagale » et la co-régulation neuronale de Stephen Porges, chercheur américain, âgé de 81 ans, qui prétend avoir découvert comment fonctionne le nerf vague (nom donné à la 10e paire de nerfs crâniens dont cette paire est la seule à parcourir le corps au-delà du crâne) et comment peut-on le « dompter » pour mieux gérer ses émotions (ah les fameuses émotions dont on nous rebat les oreilles depuis 30 ans !) et ses comportements sociaux. Bref, une soit-disant découverte à la mi-chemin entre la médecine, la pyschologie et la sociologie.
Voici ce que nous pouvons en dire.
Décrouvrez la leçon sur les nerfs craniens dans notre programme ICI
Ne perdons pas de vue que le travail des chercheurs est de théoriser et de publier. On pourrait en dire autant au sujet de Maria, d’ailleurs, à son époque.
En cela, la théorie de M. Porges n’est pas du tout nouvelle, seulement une mise à jour et une reformulation théorique, avec des termes plus modernes (pour ne pas dire marketing). Et il en manque tout un pendant également avant de l’appliquer aux enfants neurodivergents (Murielle donnera une conférence à Washington en 2026 sur la méthode OML pour les neurodivergents).
Maria Montessori, médecin généraliste et anthropologue (ayant fait sa thèse sur l’anthropologie pédagogique en 580 pages traduites en anglais en 1913 !) parle du système nerveux dans plusieurs de ses livres (que vous pouvez tous écouter sur notre plateforme), car sa théorie est basée sur ce dernier, système qui, tout comme le système endocrinien (dont on avait peu de connaissances à l’époque, elle en parle dans sa thèse) ont des actions atypiques – puisqu’ils sont tous les deux autonomes- sur l’homéostasie humaine.
Quand Maria étudiait la médecine, seuls les cadavres pouvaient « parler », il n’y avait ni scanners, ni IRM pour faire avancer le champ de la description.
Cette médecin avait bien perçu, grâce aussi à ses études de terrain, notamment au service des enfants de l’hôpital Bicêtre (voir le livre « Les voyages en France de Maria Montessori ») que les informations sensorielles ramenées au cerveau humain étaient aussi essentielles que les informations qui partaient du cerveau vers les parties du corps, de façon autonome ou pas.
C’est à partir de ses connaissances et études scientifiques qu’elle décide de proposer aux éducateurs des outils de co-régulation pour les enfants.
Dans une classe montessori, elle propose :
-
d’avoir une voix posée quand on s’adresse à l’enfant
-
d’adopter un regard bienveillant
-
d’aider l’enfant à respirer et synchroniser sa respiration sur un rythme plus adapté
-
que l’éducatrice ait une présence silencieuse, stable et douce, tel un soin
-
d’aménager l’environnement avec des plantes, de la lumière, des espaces de repos
- d’animer une ambiance
Ces éléments de postures pédagogiques sont universelles et intemporelles. C’est en cela que le travail de cette scientifique est une référence solide, encore aujourd’hui.

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