Je poursuis mes recherches pour mon prochain livre « Maria et Mario Montessori en Inde », et hier je découvre au Grand Palais de Paris une exposition consacrée à l’artiste suédoise Hilma af Klint, dont j’ignorais alors l’existence.
La longueur de la file d’attente pour l’expo Matisse en comparaison avec aucune attente pour l’expo Hilma af Klint atteste de la méconnaissance de cette artiste.
La lecture de sa biographie éponyme de Janis Mink m’apprend qu’elle fut d’abord théosophe, puis anthroposophe. Ce parcours m’amène naturellement à évoquer Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie en 1912 et l’un des rares pédagogues européens qui, avec Maria Montessori, aient élaboré une vision éducative embrassant l’ensemble du développement de l’enfant.
Voici, en avant première un extrait du livre à paraître :
« Le début du XXᵉ siècle est une période d’une extraordinaire effervescence intellectuelle. Philosophes, scientifiques, pédagogues et réformateurs sociaux cherchent à inventer un nouveau modèle de société. Dans mon ouvrage Montessori aux États-Unis, je les ai qualifiés d’« acteurs des grandes causes sociales progressistes », tant leurs engagements dépassaient les frontières nationales. Ils militent pour l’abolition de l’esclavage, le contrôle des naissances, le droit de vote des femmes, l’amélioration des soins aux malades et le renouvellement de l’éducation des enfants (cf l' »Education Nouvelle » dans le livre Les voyages en France de Montessori.
Les mouvements théosophique et anthroposophique s’inscrivent pleinement dans cette dynamique de transformation du monde.
C’est dans ce contexte que Steiner rompt, en décembre 1912, avec la Société théosophique, dont il dirigeait la section allemande, pour fonder la Société anthroposophique.
La Société théosophique, sous l’impulsion d’Annie Besant, s’oriente alors de plus en plus vers les traditions spirituelles orientales. Steiner estime, quant à lui, que la connaissance du monde spirituel doit reposer sur une démarche d’investigation intérieure rigoureuse plutôt que sur des révélations ou des enseignements transmis. Cette évolution n’est pas étrangère à notre sujet : elle éclaire le climat intellectuel et spirituel dans lequel Maria Montessori évoluera quelques décennies plus tard lors de son séjour en Inde, au sein de la Société théosophique dont le siège est installé à Adyar en Inde. »

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